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Dans une semaine, le 15 septembre précisément aura lieu à San Francisco l’événement qui présentera entre autre le nouveau navigateur de Microsoft : Internet Explorer 9.
A l’occasion de la parution des Liaisons numériques, vers une nouvelle sociabilité ? (Amazon), aux éditions du Seuil, nous avons rencontré son auteur, le chercheur en sociologie, Antonio Casilli (blog). Dans ce livre très documenté, qui puise à la fois dans la richesse des savoirs académiques et dans une expérience et réflexion très personnelle, Casilli démonte trois mythes de l’internet : le réel et le virtuel ne sont pas distincts, mais imbriqués ; les traces corporelles sont un moyen d’exprimer et réaliser son autonomie, ses stratégies ; les TIC ne sont pas désocialisantes mais reconfigurent notre manière d’être en société.
L’occasion de discuter avec lui du rôle et de la place respective de nos sociabilités numériques et réelles, pour mieux comprendre justement la manière dont elles s’articulent, s’imbriquent et font société.
InternetActu.net : Pourquoi les ordinateurs ont-ils acquis une place aussi intime dans nos vies ?
Antonio A. Casilli : La miniaturisation des ordinateurs (analysée notamment par Daniel Bell dans Teletext and Technology) a engendré une reterritorialisation de ceux-ci, leur permettant petit à petit d’intégrer l’espace domestique. Le premier changement que cette miniaturisation a impliqué est donc celui de l’espace physique. L’agencement des pièces, des meubles, des chambres change avec l’arrivée de ce nouvel appareil électroménager qu’il faut installer, comme on a installé avant lui la radio ou la télévision. Mais il n’y a pas que l’espace domestique qui est bouleversé par l’arrivée de cet équipement : l’espace technologique de la maison l’est aussi avec l’arrivée d’un équipement dont le contenu technologique est par définition plus important que les autres, puisqu’il permet de tout faire (jouer de la musique, regarder des films, jouer, communiquer…). Enfin, ils ont également reconfiguré l’espace social. Nombre de parents ont considéré, avec l’introduction des premiers ordinateurs domestiques, que leur capital social et culturel faisait un bond en avant.
Pour les “enfants de l’ordinateur” des années 80, l’ordinateur a été l’occasion de s’autonomiser ou de resituer le rôle qu’ils avaient au sein de la famille.
Le mobile prolonge ce même processus de miniaturisation et de reterritorialisation. L’ordinateur colle désormais un peu plus à nos corps, comme ces mobiles qui frottent nos cuisses ou nos hanches depuis les poches où on les range. Ils sont devenus un attribut de la corporalité des usagers. C’est aujourd’hui devenu une analyse banale, mais dans les années 80, Bruce Sterling dans une introduction à l’anthologie cyberpunk – Mozart en verres miroirs – avait anticipé cela en observant les premiers baladeurs, les premières lentilles de contact… Notre machinerie est presque arrivée sous la peau.

Image : Antonio Casilli sur la scène de Lift Genève 2010, démontant le mythe des natifs du numérique comme nous en rendions compte, photographié par Stephanie Booth.
InternetActu.net : Dans votre livre, vous expliquez que les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont devenues un moyen de sociabilité “supplémentaire” qui s’ajoute, plutôt que de remplacer, la sociabilité en face à face et la participation sociale. Cette affirmation est pourtant encore loin de convaincre tout le monde. Beaucoup par exemple estiment qu’être pendu au téléphone en faisant ses courses ou dans les transports en commun met fin aux échanges qu’on avait, avant, dans ces temps et espaces là.
Antonio Casilli : Ce n’est pas pour convaincre que j’ai écrit ce livre, mais pour recentrer un débat, qui pour l’instant est figé dans la polarisation technophile-technophobe. Pour comprendre si les nouvelles formes communicationnelles remplacent les formes d’échanges “authentiques”, il faut comprendre ce que l’on entend par authentique.
On vit dans un milieu assisté par les machines à communiquer qui changent la forme de la relation sociale. Désormais, dans les séminaires scientifiques on s’échange non seulement des propos “officiels”, mais également d’autres via l’internet (ce qu’on appelle le backchanneling, comme nous l’expliquait danah boyd – NDE) permettant de recréer des formes d’authenticité communicationnelle, capable de creuser des tunnels sous notre réalité. On s’échange des mails, des textos, des messages instantanés ou des twitts, qui ont une force de frappe émotionnelle, en temps réel, qui peuvent être plus importantes que les formes plus policées de communication réelle.
Ces technologies nous aident à mieux maîtriser notre “positionnement social”. Il y a une ambition d’usage des technologies qui va dans ce sens, qui a pour but de moins subir notre positionnement primaire au profit d’un positionnement de choix.
C’est tout l’enjeu de la question de l’homophilie. En sociologie, l’homophilie est un discours déterministe qui dit qu’on a tendance à s’associer à des gens avec lesquels on partage des formes de complémentarité liée à la langue, au sexe, au niveau culturel ou à l’ethnicité… Dans l’étude de l’amitié comme processus social, on a longtemps pensé que les gens évoluaient dans leur amitié par sexe, même milieu géographique, social, etc. Or, avec l’internet on arrive à créer des zones de meilleure maîtrise de ce positionnement.
Mes travaux en sociologie informatique sont basés notamment sur une analyse de l’homophilie pour comprendre si ces caractéristiques communes ont une influence sur la création de liens dans les réseaux sociaux, type Facebook, afin de comprendre ce qu’il se passe quand on parle de positionnement social, de structure sociale. J’ai ainsi produit un modèle multiagent capable de cumuler des réseaux de liens d’amitié. Ce qu’il est important de voir, c’est comment avec n’importe quel paramètre ce modèle restitue toujours un résultat important : il montre que l’homophilie ne joue pas. Ou en tout cas, beaucoup moins que les traits culturels, les expériences ou les goûts affichés comme je l’explique dans une récente étude réalisée avec Paola Tubaro (.pdf).
L’étude que j’ai menée par exemple auprès de jeunes blogueurs démocrates organisant une cookie-party à Pasadena montrait de prime abord une très forte homophilie entre participants : ils avaient le même âge, venaient du même milieu social, avaient le même intérêt politique… Pourtant, leurs blogs leur permettaient de s’ouvrir sur un espace public bien plus large. Leurs pratiques leur permettaient de toucher des couches de populations qu’ils n’auraient pas réussi à rencontrer dans une société très compartimentée comme l’est celle de la Californie du Sud.
InternetActu.net : Selon vous, la création d’espaces intimes communs assistés par ordinateurs est capable de transformer la relation humaine. Vous expliquez dans votre livre que les nouvelles technologies créent “un engament intime diffus, finalement peut-être plus subversif ou profond que les engagements militants d’antan”. En quoi l’intimité est-elle plus “profonde” que l’engagement militant d’antan ?
Antonio A. Casilli : Ces technologies sont des prétextes culturels. Car finalement, ce dont on parle c’est de processus sociaux et d’interactions sociales assistées par les ordinateurs.
La question de l’engagement intime et diffus remonte aux années 60, au moment où l’on commence à mêler engagement politique et engagement personnel en les associant. C’est la naissance du féminisme, de mai 68 ou encore du mouvement de l’autonomie ouvrière qui reprenait ces éléments pour les concentrer dans une militance gauchiste révolutionnaire qui ne cherchait pas tant à faire des manifs qu’à bouleverser le quotidien. Ce n’est pas un hasard si c’est dans ces milieux-là, féministes, hippy, anarcho-marxistes… qu’on voit apparaître les premières expérimentations de technologies appliquées à l’activité militante comme dans les Community Memory en Californie, les cyberféministes (notamment avec Donna Harraway) voir avec certains théoriciens de ce marxisme autonome, comme Franco Berardi.
Ces formes nouvelles d’engagement politique ont façonné les formes d’engagement politiques que nous connaissons désormais, en introduisant une attention au côté médiatique et aux projections de désirs, d’attentes et de sensations… nous éloignant de l’engagement classique consistant à aller manifester, clamer un slogan et rentrer chez soi. Dans les mouvements militants classiques, la vie était compartimentée, comme un oeuf qui ne mélange pas le blanc du jaune. La journée avait 8 heures pour travailler, 8 heures pour se reposer et 8 heures pour avoir une activité politique. Aujourd’hui, tout se superpose.
InternetActu.net : Les rapports sociaux médiatés par l’informatique sont-ils simples ? L’ordinateur filtre et modère les rapports humains, mais on pense souvent qu’il suffit de se débrancher pour reprendre le contrôle. “Les solutions technologiques deviennent des solutions sociales” dites-vous. On a l’impression que la société se dissout derrière la technologie…
Antonio A. Casilli : Je dis cela surtout pour relater le type de discours de certaines personnes qui n’arrivent pas toujours à maîtriser leur rapport à la technologie. A chaque fois qu’ils doivent donner une solution sociale à leurs problèmes, ils la remplacent par une solution technologique : je débranche le téléphone plutôt que de répondre.
En fait les choses sont plus complexes. La solution technologique et la solution sociale se superposent et créent des confusions, comme dans le cas de la rupture d’amitié sur Facebook. A chaque fois que quelqu’un défriend quelqu’un d’autre, cela nous semble être une insulte personnelle, alors que cela peut-être lié à un bug ou à un réaménagement de profil. Mais cela nous affecte, car on projette sur une disposition technologique, un ensemble de desiderata de l’ordre du social. On recherche la proximité avec monsieur ou madame X en la projetant sur cette liaison numérique.
InternetActu.net : une liaison qui est souvent asymétrique…
Antonio A. Casilli : Oui, dans plusieurs réseaux sociaux, elle peut-être asymétrique. Et c’est une variable à prendre en compte dans ce type d’interaction. Je rapprocherai plutôt ce déséquilibre du lien de l’admiration ou de la microcélébrité. Grâce à ce type de média, comme la téléréalité d’ailleurs, des gens créent des niches de célébrité générant une longue traine des relations humaines. On peut désormais être fan d’un collègue de travail comme on l’était dans les années 90 d’une célébrité.

Image : “La sociologie consiste à dessiner des lignes imaginaires… et à les appeler structures”.
La liaison numérique pose également la question de la maîtrise de l’identité. A quel point ce collègue dont on consulte les photos qu’il publie sur Flickr, la musique qu’il écoute sur Deezer, les commentaires qu’il pose sur Facebook est-il le collègue tel qu’il se voit ? Il y a toute une sémiotique de l’identité en ligne comme l’explique Fanny George (.pdf), qui passe par la maîtrise de la mise en scène de soi, par le jeu entre identité affichée et identité calculée. Or, c’est dans la dialectique entre l’identité affichée et l’identité calculée que se joue la question de la vie privée en ligne. La privacy n’est pas un tout où je suis soit transparent soit opaque aux autres : il y a des couches de transparences, des facettes que j’aime montrer à certaines personnes et d’autres à d’autres. C’est dans ces relations que se joue la vie privée. Comme l’explique le sociologue américain Irwin Altman, pionnier de la théorie de régulation de la vie privée, le clivage vie privée/vie publique n’est pas univoque et définitif, mais se joue dans de petits détails entre chaque relation. Les crises de vie privée explosent quand ce qu’on partage avec X est dévoilé à Y.
InternetActu.net : En comparant par exemple la communauté des anorexiques hors ligne et online, vous dites “que le groupe en ligne est plus extrême, mieux organisé, mieux soudé socialement”. Quels sont les éléments distinctifs entre une communauté réelle et une communauté virtuelle ?
Antonio A. Casilli : La différence dans les communautés pro-ana (pour l’anorexie) en ligne et hors ligne est basée surtout sur le fait que ces sujets là, hors ligne, étaient communicationnellement inexistants. Avant l’internet, l’anorexique était dans une situation où ses relations aux autres malades étaient institutionnalisées, car hospitalisées ou alors avec des symptômes qui les mettaient dans la difficulté d’avoir des relations aux autres. Avec le web, ces personnes arrivent à trouver des sujets dans des situations comparables et arrivent à échanger des bribes d’expériences. Ces échanges finissent même par créer une sous-culture radicale dans ses manifestations : s’échangeant des playlist pro-ana, des produits de consommation quotidienne comme des dentifrices plus capables que d’autres de cacher les dégâts dentaires dus aux vomissements répétés. Les renseignements s’échangent sur des forums participants à la création d’une base de connaissance en ligne fondée sur l’échange de pratiques. On peut ainsi apprendre à être un bon anorexique ou un bon boulimique sur le web, avec même des classements et des degrés…
Le web ne désocialise pas plus qu’il n’hypersocialise, mais il reconfigure notre manière de faire société. Pour l’anorexique, son entourage, sa famille et la clinique ont longtemps été ses seuls repères face à la maladie. Désormais, l’anorexique est en contact avec d’autres anorexiques. Les communautés deviennent multidimensionnelles, c’est-à-dire qu’elles ont à la fois une existence réelle et numérique.
Propos recueillis par Hubert Guillaud le 3 septembre 2010.
corps, identités actives, jeunes, Participation, réseaux sociaux, Usages
Si vous lisez l’anglais et que vous vous intéressez à Adwords, la régie publicitaire de Google, je vous suggère de télécharger Conversions For Dummies. Ce guide gratuit d’une soixantaine de pages vous aidera peut-être à augmenter vos taux de conversions lors de votre prochaine campagne publicitaire.
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Benoit Descary
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Lors de la dernière keynote présentant entre autre le nouvel iPod Touch munit de la fonctionnalité FaceTime empruntée à son grand frère l'iPhone 4. Il semblerait que celui ci soit muni pour la première fois d'un moteur pour faire vibrer l'iTouch, Apple n'a en aucun cas signalé cette fonction mais on la retrouve bien dans le descriptif de FaceTime sur le site d'Apple. Cette fonction serait notamment utilisée pour signaler un appel FaceTime ou un événement.
Source
Samsung a présenté il y a peu de temps un nouveau processeur : Le Samsung Orion. Ce processeur sera un Cortex A9 cadencé à 1 Ghz comportant deux coeurs. Le constructeur annonce une vélocité assez incroyable avec par exemple des performances 3D 5 fois supérieures à l'ancienne génération de processeur.
Le Wall Street Journal a publié cet été une passionnante série d’articles sur la surveillance et le repérage des internautes, dont Jean-Michel Salaün à fait une synthétique et remarquable lecture sur son blog. Tant et si bien que nous avons décidé de vous la proposer…
Professeur à l’Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’université de Montréal et codirecteur d’une Introduction aux sciences de l’information parue dans la collection “repères” aux éditions La Découverte, Jean-Michel Salaün tient un blog exigeant sur l’économie du document qu’il destine à ses étudiants, mais également bien au-delà… Tant mieux, cela permet à plein d’autres internautes d’en profiter…
Le Wall Street Journal a publié cet été une série de cinq articles sur la surveillance et le repérage des internautes. Ces articles sont aussi importants par les informations qu’ils apportent, que par le statut du journal qui les publie.
Voici quelques notes et commentaires article par article. Attention, il s’agit de ma lecture et de mon interprétation des articles et non d’un compte-rendu fidèle, j’y ai ajouté commentaires, liens et réflexions de mon cru. Le sous-titre représente la principale leçon que j’en ai tirée.
L’économie souterraine du ciblageLe WSJ s’intéresse dans cet article introductif signé Julia Angwin et intitulé “La nouvelle minde d’or du web : vos secrets” (“The Web’s New Gold Mine : Your Secrets”) aux logiciels espions.
Du côté technique, les initiés n’apprendront pas grand-chose. J’avais déjà rendu compte d’une enquête sur les mouchards des 50 sites les plus populaires des Etats-Unis. Le journal a fait une expérience similaire avec un ordinateur test. Il a constaté que les 50 sites les plus fréquentés ont déposé 3184 éléments de surveillance au total, la plupart du temps sans prévenir ; une douzaine de sites en a déposé plus de cent et Wikipédia aucun. Un petit tiers de ces mouchards se sont révélés inoffensifs, par exemple ceux nécessaires pour se rappeler son mot de passe.
Mais les logiciels espions ne s’en tiennent pas à des cookies et sont de plus en plus sophistiqués. Certains, par exemple, suivent ce que font les gens en temps réel et évaluent instantanément le lieu, les revenus, les comportements d’achat et même l’état médical des internautes. Certains se réimplantent automatiquement quand les usagers cherchent à s’en débarrasser, notamment en profitant des fonctionnalités de Flash d’Adobe. Reste que la relation entre les profils et les noms des personnes n’est pas faite. Les profils sont, en toute rigueur, ceux des machines des utilisateurs.
Plus inédits sont les éléments, même partiels, donnés sur cette économie. Les profils des individus ainsi recueillis, constamment actualisés, sont achetés et vendus sur une sorte de bourse qui a pris son envol dans les derniers 18 mois. Le journal a ainsi identifié plus de 100 sociétés d’intermédiaires en concurrence sur les données comportementales et d’intérêts des individus. Parmi celles-ci la société BlueKai surveille, par exemple, les visiteurs de eBay.com ou de Expedia.com en temps réel et ces données sont revendues sur son site. Plus de 50 millions d’informations sur les habitudes de navigation des internautes sont vendues chaque jour à 1/10 de centime de dollars pièce. On considère que la publicité ciblée a fait un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars l’année dernière.
Ces données peuvent être une rentrée supplémentaire pour des sites qui ne peuvent se financer complètement par la vente d’espace publicitaire. Il semble néanmoins que – naïfs, inconscients ou complices passifs ? -, nombre de sites ne sont pas au courant des logiciels espions qu’ils transmettent et qui sont initiés par des entreprises-tiers d’un nouveau genre, où règnent en maître les statisticiens. Par ailleurs, si aux États-Unis l’utilisation des cookies est réglementée, les autres logiciels espions – bien plus intrusifs -, ne le sont pas… Enfin, pas encore.
In fine, l’objectif est, bien sûr, de cibler au plus près le consommateur. Voici trois citations illustratives de l’objectif des responsables de ces sociétés : “Les annonceurs veulent accéder aux personnes, pas aux pages web” ; “Quand une publicité est correctement ciblée, elle cesse d’être une publicité pour devenir une information importante” ; “Nous dirigeons les gens vers différentes files de l’autoroute”. Mais, cette détermination a des limites. Il n’est pas sûr que nous voulions rester toujours dans les mêmes rails et nous sommes, comme tous les humains, heureusement versatiles.
L’importance du navigateur et des choix techniquesUn important débat a eu lieu à Microsoft au moment de la mise au point de Internet Explorer 8 entre les ingénieurs et les responsables de la stratégie, explique Nick Wingfield dans “Quand Microsoft annule ses efforts pour stimuler la vie privée en ligne” (“Microsoft Quashed Effort to Boost Online Privacy”). Les premiers avaient imaginé un navigateur qui protégeait par défaut la vie privée des internautes en les prévenant des logiciels intrusifs et leur donnant la possibilité de les bloquer. Mais suite à des pressions internes de nouveaux recrutés issus de la publicité sur le web et de la consultation des représentants de cette branche, la tendance a été renversée, rendant quasi impossible cette protection, qui n’existe plus par défaut et qu’il faut réenclencher à chaque ouverture du navigateur.
L’épisode est intéressant à double titre. D’une part, il illustre combien la logique économique du web est radicalement différente de celle de l’économie classique des logiciels, culture initiale de MSN, et repose exclusivement sur la publicité ciblée. D’autre part, il montre le rôle essentiel dans cette économie du navigateur dont les choix techniques ne sont pas gravés dans le marbre.
MSN, malgré tout, cherche encore à se démarquer de ses concurrents sur le web en appliquant une politique plus rigoureuse sur les données qu’il collecte, comme le montre cet article du journal de la firme.
L’épisode peut aussi faire réfléchir à la stratégie de Mozilla avec Firefox, drapé dans la vertu du logiciel libre, mais ne défendant pas mieux les données privées…
Cellulaire ou mobileEn Amérique du Nord, on dit “téléphone cellulaire”, en Europe “téléphone mobile”, ou plus rapidement cellulaire et mobile. La différence sémantique est ironique : l’un insiste sur le repérage, le quadrillage voire l’enfermement, tandis que l’autre pointe la liberté, le déplacement. Sans doute, il s’agit de l’envers et du revers d’une même médaille, mais le pile et le face sont pour le moins contrastés. Une même technologie, un même service sont désignés selon les continents par des qualificatifs opposés. Ici, je garderai “cellulaire”, plus représentatif des propos de Justin Scheck dans “Stalkers Exploit Cellphone GPS” (”Quand les harceleurs exploitent le GPS des mobiles”) pour le WSJ. Les compagnies de téléphone savent, en effet, où se trouvent leurs abonnés à trente mètres près.
L’article met en balance deux conséquences de ce repérage : d’un côté, il indique la possibilité de repérer des victimes d’accidents ou de délits ou encore de sécuriser le déplacement des enfants, ce qui justifie officiellement la réglementation américaine d’installation d’une puce GPS dans tous les téléphones cellulaires ; mais de l’autre, il insiste surtout sur les dangers du harcèlement et de la surveillance domestique, multipliant les exemples de femmes battues, retrouvées par leur mari grâce au traçage familial de leur téléphone portable proposé aux abonnés d’un cellulaire. En réalité, les enjeux me paraissent ailleurs : sur la surveillance policière ou le contrôle social d’un côté, sur la publicité contextualisée, de l’autre.
Un chercheur d’une société de sécurité informatique, Don Bailey d’ISec Partners, a montré qu’il suffisait du numéro de cellulaire d’une personne, d’un ordinateur et de quelques connaissances sur la technologie des cellulaires pour être capable de surveiller n’importe qui. Pour les paranos ou les incrédules, toutes les explications du chercheur sont accessibles en ligne (.pdf). Il y explique comment il est possible de savoir : qui vous êtes, qui sont les membres de votre famille, vos amis, vos collègues, où vous êtes, où ils sont, ce que vous êtes probablement en train de faire, pourquoi… et ce que vous allez probablement faire ensuite.
Anonymat et personnalisationL’article d’Emily Steel et Julia Angwin, “On the Web’s Cutting Edge, Anonymity in Name Only” (”A la limite du web, l’anonymat ne réside plus que dans le nom”), donne une illustration concrète de ce qu’il est possible aujourd’hui de faire avec les données collectées. Il prend l’exemple de la société (x+1) qui a trouvé son modèle d’affaires en 2008 après de nombreux déboires et changements.
En utilisant les bases de données construites comme indiqué dans le premier article, la société est capable instantanément de donner le profil de consommation de n’importe quel internaute. Ils n’ont pas a priori son nom, mais croisent les références des données avec des bases de données de propriétaires, des évaluations de revenus, de statuts… En utilisant les probabilités, ils font des hypothèses sur les penchants de l’internaute. Le directeur de la société indique : “Jamais, nous ne savons rien sur une personne”.
Sans doute, il leur arrive de se tromper, mais leurs propositions sont suffisamment fiables pour qu’ils aient trouvé un marché auprès des vendeurs de cartes de crédit qui évaluent ainsi en temps réel la fiabilité de leurs nouveaux clients. Comme le dit le journaliste : “en résumé, les sites web ont gagné la possibilité de décider si vous serez un bon consommateur ou non, avant même que vous ne leur disiez quoi que ce soit sur vous-même”. Les conseils d’Amazon à partir de leur base de données maison sont largement dépassés. Ces techniques ouvrent la possibilité de construire un commerce personnalisé où produits, services ou même prix sont proposés selon le profil de chacun.
La préservation de l’anonymat est toute relative et, par ailleurs, même si ces sociétés disent ne pas faire de discrimination selon les genres, les profils ethniques, les handicaps qui tombent sous le coup de la loi, de tels profilages peuvent conduire facilement à des dérives éthiques. Ainsi, comme le titre de l’article l’indique, cette économie du web est limite.
Contextuel ou comportementalLe dernier article, celui de Jessica E. Vascellaro “Google Agonizes on Privacy as Ad World Vaults Ahead” (”La lutte pour la vie privée chez Google, où comment le monde de la pub passe devant”), est celui qui m’a le plus intéressé. Il s’appuie sur un document interne de la société, un Brainstorming qui montre les hésitations de Google pour l’exploitation des données qu’il récolte sur les internautes face à la montée de la concurrence. De par sa domination sur le marché de la publicité en ligne, la position de Google est déterminante à la fois vis-à-vis de ses concurrents et aussi vis-à-vis de l’évolution de la réglementation que chacun sent proche.
La firme détient par son moteur la plus grosse base de données sur les intentions des internautes, mais a résisté jusqu’à présent à surveiller ces derniers sans leur consentement, notamment pour préserver son image. Le savoir-faire de Google est d’abord contextuel : il repose sur une expertise de traitement des textes, aussi bien les requêtes des internautes que les documents publiés sur le web, et non comportementale, c’est-à-dire sur une connaissance des réactions des personnes. Cette dernière expertise est plutôt celle de FaceBook ou des jeunes firmes présentés dans les autres articles de la série. D’un côté, on pourrait dire qu’on a une expertise linguistique, de l’autre une expertise sociologique. C’est aussi dans ce contexte que l’on peut relire le slogan don’t be evil : on peut chez Google manipuler les mots, pas les personnes. Les débats internes à Google sur l’utilisation des cookies par exemple sont très vifs et ne sont pas sans rappeler les débats de MSN présentés dans un précédent article de la série. Dans les deux cas, le dilemme est le même : comment préserver la culture de l’entreprise tout en faisant face à la concurrence ?
Une animation très claire, qui accompagne l’article, montre combien aujourd’hui les données engrangées sont nombreuses, recueillies par divers services de Google et sont encore cloisonnées pour leur exploitation publicitaire. Reste que l’article ne dit pas à quoi sert l’important stock de données collectées en dehors d’une utilisation pour la publicité, par exemple par la barre d’outils de Google.
Suite notamment à l’achat de Double-Click en 2007, à la montée de la concurrence (dont Facebook), il semble que la position de la firme a évolué sur le cookies. D’ailleurs, l’enquête déjà citée montrait que Google est très présent dans la surveillance. Une stratégie pour sortir du dilemme par le haut serait de devenir une bourse d’échanges de données ou une régie de publicité comportementale ciblée.
Jean-Michel Salaün
Cet article a été publié à l’origine sur le blog de Jean-Michel Salaün.
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La sortie du nouvel OS Mobile Microsoft approchant, la firme de Redmond compte taper très fort avec un budget marketing colossal de 500 millions de dollars pour promouvoir ce Windows Phone 7. Ce spot de pub dévoile sous forme de mirage un smartphone estampillé Microsoft comportant avec un message final qui veut tout dire "The Revolution is coming...".
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Xavier de la Porte, producteur de l’émission Place de la Toile sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission. Désormais, vous la retrouverez toutes les semaines aussi sur InternetActu.net.
La lecture de la semaine n’est pas une lecture à proprement parler, mais quelques éléments d’un entretien donné par Nova Spivak à Om Malik, qui interroge régulièrement des acteurs du net.
Nova Spivak est cofondateur de Live Matrix, mais il a créé auparavant d’autres start-ups et investi dans d’autres encore. Il se prononce régulièrement sur les questions technologiques. Là, son intervention concerne la manière dont les nouveaux médias nous obligent à redéfinir le présent.
“Avec le web en temps réel, explique Spivak, avec l’augmentation du nombre d’informations auxquelles nous devons être attentifs par unité de temps – par heure, par minute, par seconde -, c’est la nature même du présent qui se trouve changée. Le présent est plus dense, nous avons accès à beaucoup plus d’informations par unité de temps présent qu’auparavant. Par certains aspects, le présent se raccourcit. Nous devons le penser à une autre échelle. Le présent se comptait en jour – en heure peut-être -, il se compte aujourd’hui en secondes.”
A la question de Om Malik : “Les inventeurs d’aujourd’hui sont-ils trop pris dans le présent pour créer le futur ?”, voici la réponse de Spivak :
“La plupart des entreprises passent plus de temps à regarder vers le passé, ou le présent, que vers le futur. Mais, c’est intéressant, car on peut élargir le point de vue. Avant le 20e siècle, notre civilisation était focalisée sur le passé. L’obsession pour les classiques en est un exemple. L’enseignement reposait sur l’Histoire, sur les penseurs du passé, le présent n’y avait que peu de part, personne ne parlait vraiment de ce qui se passait sur le moment, on se référait par exemple à ce que faisaient les Grecs. Quand nous sommes entrés dans le 20e siècle, nous sommes devenus des futuristes. Nous étions obsédés par l’avenir, l’industrie s’est passionnée pour l’innovation, le progrès. La science-fiction, c’est notable, est devenue un genre important. Je pense qu’au le 21e siècle, c’est le présent qui est important. On est aujourd’hui dans une civilisation qui vit dans le présent. On ne vit pas dans le passé, on ne pense pas à l’avenir, on pense au présent. Car le présent est tellement écrasant que si on n’y pense pas, c’est dur d’y faire face. Tout va plus vite, tout est plus dense. Aux yeux de certains, le passé est presque inopérant. Quelle pertinence de s’en référer au mode de pensée des Grecs ? Quelles réponses pourrions-nous y trouver ? Il y a sûrement de bonnes réponses, mais très éloignées de ce qui fait notre culture. De la même manière, je ne pense pas que beaucoup de gens dans le monde de l’internet pensent à l’avenir. Le passé et le futur sont donc oubliés, c’est le présent qui compte. Le web en temps réel, c’est le présent, littéralement. Tout le monde se demande comment faire face au présent, à la situation dans laquelle nous sommes en ce moment… Et je pense que ça affecte la manière dont on invente.”
Quand Om Malik demande à Spivak si dans tout ce qui nous arrive par ce web en temps réel, ce présent densifié, il n’y a pas une tension entre ce qui relève de l’information et ce qui est de la simple donnée, Nova Spivak lance quelques pistes :
“Oui, je crois qu’il existe une tension entre données, informations, et au-delà encore, la connaissance. Prenez Twitter. Au début, chaque twitte pouvait être considéré comme une information, ou même, pourquoi pas, comme de la connaissance. Maintenant, beaucoup de twittes relèvent de la donnée simple. Les gens qui donnent leurs coordonnées spatiales à chaque fois qu’ils se déplacent par exemple. On ne peut pas dire que ce soit de l’information utile. C’est juste de la donnée brute. De plus en plus d’applications ne vont consister qu’à faire passer des données dans Twitter. Et ça va s’incorporer dans le bruit. Il y a aussi de l’information dans tout ça. Mais extraire ce qui relève de l’information dans tout ce bruit devient de plus en dur. C’est l’occasion pour créer des services qui soient capables de transformer toutes ces données en informations – en fabriquant par exemple une carte montrant les déplacements de quelqu’un plutôt que d’accumuler les mises à jour de coordonnées géographiques – ou alors, qui extrairont, filtreront l’information, ou ce qui importe vraiment dans tout ce bruit. C’est une des promesses offertes par Twitter aujourd’hui, même si rien n’est effectif pour le moment.”
Ce ne sont là que quelques extraits de ce que raconte Nova Spivak à Om Malik. Ce qui me semble intéressant ici, c’est comment les préoccupations d’un entrepreneur du Net rejoignent celles des philosophes et des sociologues. Les propos de Spivak font étrangement échos à ceux exprimés par Paul Virilio depuis longtemps (au sujet de la vitesse), mais aussi au livre du sociologue allemand Hartmut Rosa qui vient de paraître aux éditions de La Découverte, Accélération, une critique sociale du temps.
Accélération, densification du présent, les mêmes expressions traversent les champs. Ce qui me semble notable chez Spivak, c’est que s’il concède implicitement que la technologie est un des facteurs de cette accélération et de cette densification, ce qui est accrédité par Hartmut Rosa, il y voit aussi une chance. Celle d’inventer des outils qui fassent le tri, des outils qui nous permettent de transformer les données brutes en informations, de sélectionner ce qui est vraiment important, des outils qui nous permettent au final de dilater un peu le présent. Ca n’est qu’une piste, et résoudre le problème du nombre incalculable d’informations qui nous arrivent à chaque instant par Twitter ne ralentira pas le monde. Mais l’injonction qu’il lance à faire face à cette question du présent me semble assez fertile, en tout cas moins déprimante que celle consistant à faire le constat de tous les dommages de cette densification nouvelle des instants de notre vie.
Xavier de la Porte
L’émission du 5 septembre 2010 était consacrée à “La fin du web” , avec avec Antoine Bayet, responsable éditorial du magazine Regard sur le numérique et Benoit Raphael, cofondateur du projet Revsquare ; ainsi qu’à La révolution dans la poche avec Véronique Pittolo, écrivain et critique d’art auteur d’un récent livre sur le sujet. Une émission à réécouter en différé ou en podcast sur le site de Place de la Toile.
temps réel, web sémantique
Énormément de gens ont été déçu après l'installation de iOS 4 sur leur iPhone 3G, avec une lenteur sans précédente. Mais avec la sortie de iOS 4.1, ces utilisateurs verront peut être le bout du tunnel avec cette vidéo publié par LifeHacker comparant la vitesse de l'iPhone 3G sous iOS 4 et iOS 4.1.
Dell a connu un passage à vide récemment avec notamment des histoires d'injection de virus hardware volontaire. Malgré cela selon iSuppli, Dell serait passé devant Acer qui aurait connu sur le deuxième trimestre une baisse de régime assez importante de ses ventes par rapport à Dell.
Dans les pays du sud, des cartographes amateurs dessinent l’infrastructure d’endroits pour lesquels il n’existe encore aucune carte.
Economie de surveillance – Bloc-notes de Jean-Michel SalaünJean-Michel Salaün résume et traduit pour nous 5 articles sur la surveillance publiés durant l'été par le Wall Street Journal… L'occasion de faire le point sur la profusion des logiciels espions de nos comportements ; sur comment la logique économique préside à la conception des logiciels comme du navigateur Internet Explorer 8 ; sur la déconcertante facilité qu'il y a espionner quelqu'un depuis un téléphone cellulaire ; sur comment, malgré l'anonymat des utilisateurs, les sites web parviennent à construire des profils de consommateurs ; et enfin un encore plus passionnant sur les débats internes de Google sur l'utilisation des données des intentions des internautes.
Devrait-on encourager les grands groupes français à racheter comme Google & Cie ? – TechcrunchPourquoi les rares acquisitions de start-up françaises sont-elles le fait de sociétés qui ne sont pas françaises ? Techcrunch entrevoile comment le soutien à l'innovation peine à se développer en France.
Pour en finir avec quelques idées reçues sur les jeux vidéo – RSLNmagRetenez donc que les joueurs sont avant tout des joueuses, que plus de la moitié d'entre eux ont plus de 35 ans, que si la pratique est régulière et intensive, elle n'est pas exclusive, les jeux hors ligne n'ont pas disparus, et si la pratique demeure surtout solitaire, le multijoueur ne cesse de progresser…
Les gadgets doivent-ils être tactiles ? – NYTimes.comLe succès du tactile peut-il être défait ? C'est le rôle des interfaces de devenir toujours plus ouverture à des gestes et intentions naturelles, estime Eric Horvitz de Microsoft Research. Depuis le succès de l'iPhone, la plupart des constructeurs songent à rendre leurs appareils tactiles ou capables de comprendre les mouvements des utilisateurs. Ce n'est pourtant pas ce que pense Don Norman et Jacob Nielsen – http://interactions.acm.org/content/?p=1401 – pour qui les interfaces gestuelles sont un pas en arrière dans l'usabilité. Pourquoi ? Selon eux, nous manquons de lignes directrices pour savoir quels gestes faire, d'autant que les entreprises qui développent des outils tactiles ont tendance à ignorer les conventions établies ou la recherche en design d'interaction. Bien sûr elles sont séduisantes, "mais le manque de cohérence et l'incapacité à découvrir comment ils s'utilisent, couplé à la facilité de déclencher des actions accidentelles, menace la viabilité de ces systèmes."
Zero Carbon Britain 2030 – Future NewswireLe rapport Zero Carbon Britain 2030 – http://www.zerocarbonbritain.com -, publié en juin par le Centre for Alternative Technology, présente une "vision" de ce que serait une Grande-Bretagne "neutre en carbone" en 2030. Sous forme de scénario, il propose deux stratégies principales : "réduire la demande", notamment dans le bâtiment et les transports) et "augmenter l’offre". Dans chaque cas les progrès sont obtenus grâce à une combinaison de nouvelles technologies et de changements de comportements (un chapitre intéressant passe en revue les méthodes pour orienter les consommateurs et citoyens vers des comportements durables).
D’après ce rapport, la consommation d’énergie pourrait baisser 63% en passant aux véhicules électriques, en remplaçant les vols intérieurs par la route le le rail et en réduisant les vols long courrier. 100% de l’énergie pourrait être issue des énergies renouvelables. Une vision radicale qui a le mérite de mettre en évidence les marges de manœuvre.
Une carotte pour les cyclistes en infraction à Copenhague – Nudge blogPourquoi toujours punir ? A Copenhague, si vous ne garez pas votre vélo dans les emplacements réservés à cela, la police vous le gare, huile votre chaine, regonfle vos roues et vous laisse un gentil mot pour vous demander de ne plus recommencer. Résultats : on est passé de 150 bicyclettes déplacées par jour à une 50aine… L'idée : ne plus faire que les gens soient en colère parce qu'on a bougé leur vélo !
La salle de téléconference de NTT – Singularity HubL'opérateur japonais NTT a dévoilé sa nouvelle salle de téléconférence , la troom : http://www.mirainodenwa.com/e_index.html
Est-ce que le langage façonne la façon dont on pense ? – NYTimes.comPendant de nombreuses années, on a cru que notre langue maternelle était une prison contraignant notre capacité à raisonner. Même en l'absence de preuve, il demeure difficile de croire que les gens de toutes cultures pensent de la même manière. Mais surtout, c'est certainement une erreur de surestimer l'importance du raisonnement abstrait dans nos vies, car combien de décisions quotidiennes sont-elles guidées par la logigue déductive face à celles guidées par l'instinct, l'intuition, les émotions…
Comment l'intention de l'utilisateur influence son comportement dans une recherche en ligne ? – DynBizEn utilisant une méthode de suivi du regard, des universitaires espagnols se sont demandés si l'intention qu'on avait, avant de faire une recherche sur l'internet, modifiait la façon dont on consultait les résultats (et dont on appréhendait la publicité sur ces pages de résultats). Pour cela, ils leur ont demandé d'accomplir plusieurs tâches nécessitant de trouver des choses assez différentes les unes des autres. Sans surprise, selon nos intentions on ne cherche pas de la même manière. Même si pour la plupart, nous avons tendance à nous concentrer sur l'extrait fournit dans les résultats, avant le titre des pages de résultats. Pour les requêtes transactionnelles, on a tendance à faire plus attention à la publicité.
"What Mountain is That?" New App Takes Augmented Reality Outside the City LimitsDes données contextuelles accessibles n'importe où à n'importe quel moment ? Tel est en substance le principe du projet Marmota – http://tev.fbk.eu/marmota/ – développé par des chercheurs de la Fondation Bruno Kessler, rapporte le ReadWriteWeb. Quand le GPS se fond avec la réalité augmenté tout en sortant du cadre urbain.
Le smartphone, un "investissement identitaire renouvelé" – LeMonde.frPremière conclusion de l'enquête : malgré l'abondance des applications téléchargeables sur leurs téléphones (mini-programmes payants ou gratuits), la plupart des utilisateurs interrogés n'en utilisent régulièrement qu'au maximum cinq ou six. Parmi lesquelles on retrouve immanquablement celle du réseau social Facebook. Leur terminal a beau être connecté en permanence à Internet, très peu explorent le web via un navigateur. Les utilisateurs ne surfent pas comme avec leur ordinateur : l'usage de l'internet mobile est surtout utilisé dans des situations statiques, pour boucher les trous du quotidien.
Les photos géotaguées peuvent en révéler plus que vous le souhaitez – NYTimes.comParce que les données de localisation ne sont pas nécessairement visibles pour l'utilisateur, la plupart des gens ne réalisent pas qu'elles sont souvent transmise avec la photo qu'ils prennent et qu'elles peuvent compromettre leur vie privée."
Comment le web change nos identités – Techi.comLe web ouvre un nouvel espace à l'identité : nous permettant de les façonner et leur offrant un espace pour que d'autres personnes interprètent cette construction. Avec l'internet, notre personnalité n'est plus attachée à nos corps. Ce qui nous permet de tisser des relations indépendantes de questions comme la race, la sexualité, le niveau social… L'internet transforme également notre authenticité, puisque notre identité devient une projection de soi qui peut être multiple et façonnée à l'envie.
Alerte aux faux avis de consommateurs en plein essor sur Internet – La TribunePlus d'un tiers des avis laissés sur les sites parlant de restaurants ou d'hôtels sont suspects estime l'UFC Que Choisir. Si les méthodes se banalisent, elles sont pourtant illégales rappelle l'UFC Que Choisir : se présenter faussement comme un consommateur est une pratique commerciale trompeuse et déloyale. Pas étonnant peut-être que le baromètre de la confiance d'Edelman – http://www.edelman.com/trust/2010/ – montre pour la première fois une baisse de la confiance dans les pairs : http://vansnick.isexl.com/2010/08/29/e-commerce-faut-il-encore-se-fier-aux-avis-des-clients/
Google ou la culture de l’erreur – OwniGoogle Wave n'a pas marché… Tant pis. Le plantage fait partie de la culture Google !
Jeux de mains, Jeux bienbienbien – BienBienBienHenry Michel dresse un panégyrique, ironique, de ces jeux "WYMIWYM" (What you Move is What you Move). Et constate : "avancée d’un point de vue technologique, mais régression d’un point de vue ludique, retour à des jeux d’adresse simplissimes, défis de pichenettes, de dextérité, dont certains existent depuis l’antiquité."
Nous sommes surdoués, mais crétins – Le blog de Pierre Rabhi"Peut-être faudrait-il inventer un nouvel outil, appelons-le egomètre ou ambitiomètre. Un objet doté d’une alarme qui signalerait que ce que nous faisons n’a pas d’autre sens que de servir le démiurge en nous, celui qui croit pouvoir dompter le monde, tout en nous précipitant vers l’absurde".
Les opérateurs téléphoniques de demain sont Google, Apple, Facebook et Skype – AbriCoCotier.frMark Zuckerberg (PDG de Facebook) a récemment douté de la longévité des téléphone : “je ne sais pas encore combien de temps nous allons utiliser les téléphones”. Allons-nous voir les dernières années de la téléphonie, comme le raconte Nikhyl Singhal de SayNow pour Techcrunch ? http://techcrunch.com/2010/08/28/phone-numbers-dead/ Derrière la mort des numéros de téléphone tels que nous les composons, il ne faut pas seulement voir l'arrivée de la VOIP, mais surtout la transformation du monopole des opérateurs téléphoniques, à terme.
"Le Monde Magazine" : Au secours ! Tout va trop vite ! – LeMonde.frHartmut Rosa, l'auteur de "Accélération, une critique sociale du temps" – http://www.amazon.fr/Accélération-Une-critique-sociale-temps – développe un discours critique assez convenu sur l'accélération du temps et la densification de notre activité. Nous sommes plus susceptibles à nous ouvrir des opportunités qu'à faire des choix fermés… "Au final, nous avons tous l'impression de vivre dans une instabilité permanente, un présent court où des faits rapportés en début de journée semblent avoir perdu toute leur valeur le soir même, et dont nous ne savons plus quoi penser…" Mais est-ce particulièrement contemporain ?
GDF DolceVita: plus douce la vie ! – TraversesEn racontant une histoire personnelle et devenue si quotidienne, le philosophe Yves Michaud rappelle qu'il ne peut y avoir de confiance dans des systèmes inacceptablement asymétriques. "La moindre des choses en démocratie serait que l’on rende absolument obligatoire la symétrie: tout ce qui peut être fait sur Internet doit pouvoir être défait sur Internet. Ce n’est quand même pas sorcier et je ne vois pas ce qu’on peut opposer ni techniquement ni moralement."
La vie privée et les applications – Technology ReviewLe App Genome Project – http://blog.mylookout.com/2010/07/introducing-the-app-genome-project/ -, lancé par la société de sécurité mobile Lookout, analyse le marché des applications sur l'App Store et sur l'Androïd Market et vient de rendre les conclusions d'une étude sur la piètre programmation des applications en matière de respect de la vie privée. Un tiers des applications tendent ainsi d'accéder à l'information de géolocalisation des utilisateurs et 10 % des applications tentent d'accéder à la liste de contact des utilisateurs et la plupart du temps sans indiquer à l'utilisateur quelles données précisément l'application veut recueillir ni dire ce qu'elle compte en faire. "Les utilisateurs finaux comme les développeurs, ont parfois peu d'idées de ce qu'il arrive des informations que recueillent les applications qu'ils utilisent ou développent".
Pourquoi avons-nous besoin de nouveaux langages ? – Technology ReviewDe nouveaux langages de programmation ne cessent de voir le jour, comme le rappelait le récent BarCamp sur les langages émergeant organisé par O'Reilly – http://emerginglangs.com. Mais pourquoi avoir toujours besoin de langages de programmation nouveaux s'interroge la Technology Review ? Parce que beaucoup de ceux qui sont très utilisés sont anciens et parfois manque de rapidité ou ont du mal à tourner sur des dispositifs mobiles, estiment certains participants… ce qui semble certain c'est que la programmation polyglotte risque de devenir la norme, pour pouvoir s'adapter à l'optimisation de nombreux problèmes au risque de construire une tour de Babel…
Technology Review : TR35 2010Comme chaque année, la Technology Review distingue 35 jeunes innovateurs de moins de 35 ans. Cette année, un français dans la liste, Gabriel Charlet, d'Alcatel-Lucent : http://www.technologyreview.com/TR35/Profile.aspx?Cand=T&TRID=971
Facebook ajoute une fonctionnalité qui améliorera la sécurité de votre compte. Elle se nomme «Sécurité du compte». Lorsque vous y accédez, Facebook vous donnera la dernière activité sur votre compte.

Sur son blogue, Facebook souligne que de plus en plus d’utilisateurs accèdent à leur compte en mobilité ou depuis un ordinateur qui ne leur appartient pas. En principe, la section «Sécurité du compte» offrira une meilleure protection lorsqu’un utilisateur a oublié de se déconnecter ou qu’il prête son appareil mobile à un ami.

Cette fonctionnalité donne aussi accès à la date et l’heure de la dernière connexion, le lieu où elle a été effectuée et le nom du périphérique. S’il y a une anomalie, il est possible de désactiver le périphérique distant et modifier son mot de passe.

Pour activer «Sécurité du compte» rendez-vous dans le menu «Compte» – «Paramètres du compte». C’est là que vous trouverez «Notifications lors des connexions» et «Activité la plus récente». En un clic vous pourrez supprimer l’accès à un périphérique que vous n’arrivez pas à identifier.
Facebook peut aussi vous prévenir par mail ou SMS (texto) lorsqu’un nouvel ordinateur ou smartphone se connecte à votre compte. De plus en plus, les services Web améliorent la sécurité en ajoutant des fonctionnalités qui permettent de surveiller l’utilisation d’un compte. C’est une bonne initiative de la part de Facebook, sauf que «Sécurité du compte» n’est pas nécessairement facile à trouver. Si vous utilisez Gmail, vous pouvez aussi surveiller l’accès à votre compte.
Benoit Descary
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Le fullerène (Buckyball), cette molécule de carbone qui prend la forme d’une sphère a 25 ans. Pour l’occasion, Google a créé un doodle interactif.
![Un fullerène interactif [Buckyball]](http://descary.com/wp-content/uploads/2009/2010/09/google-fullerene.png)
Quelques secondes après votre arrivée sur la page d’accueil de Google, le fullerène apparaitra à l’endroit où se trouve habituellement le deuxième «O» de Google. À l’aide de votre souris, vous pouvez le saisir et le faire pivoter dans tous les sens.
Ce n’est pas la première fois que Google crée un doodle interactif. Au printemps, son logo apparaissait sous la forme d’un jeu Pacman. Il s’agissait alors de souligner le 30e anniversaire de ce jeu. Vous trouverez le logo interactif Pacman ici.
Benoit Descary
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Twitter a annoncé que plus de 145 millions de personnes se sont inscrites sur son service. Évidemment, il y a plusieurs comptes abandonnés et d’autres qui ne sont en fait que du spam. Par contre, le chiffre qui a mon sens est le plus important est celui des nouvelles inscriptions. Chaque jour, environ 300 000 personnes s’inscrivent sur Twitter.

Facebook demeurera sans doute pour un bon bout de temps la destination Web la plus fréquentée. C’est aussi l’endroit où l’on passe le plus de temps sur le Web. Plus de 700 milliards de minutes par mois selon Facebook. Selon Nielsen, les Américains sont branchés sur Facebook 7 heures par mois. Alors qu’ils passent environ une heure sur YouTube.

Sur Twitter, c’est différent, on y est que quelques minutes ou secondes par jour. C’est sans doute l’un de ses points faibles, mais aussi l’une de ses forces. Twitter ne demande pas beaucoup de temps. Vous envoyez un message, une réponse ou un DM et hop, vous fermez votre client. De plus, contrairement à Facebook, il n’y a pas d’indicateur de présence. Personne ne sait que vous êtes présent lorsque vous publiez.
Chargement en cours…
L’aspect découverte est aussi l’une des forces de Twitter. Comme vous n’avez pas à demander l’autorisation pour suivre une personne ou une marque, vous pouvez être en relation et communiquer plus rapidement avec ceux-ci.

Certes, Twitter est encore loin des 500 000 nouveaux inscrits quotidiennement sur Facebook, par contre sa progression est phénoménale. À mon avis Twitter risque de dépasser Facebook en terme de nombre d’utilisateurs inscrits. C’est la facilité et la rapidité d’utilisation de Twitter qui je pense convaincra un très grand nombre de nouveaux adhérents. Maintenant, que restera-t-il comme espace entre Twitter et Facebook? Et vous, quelle est votre opinion sur ce sujet?
Benoit Descary
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Ça bouge du côté de la VOIP grand public. La semaine dernière, Gmail a ajouté des fonctionnalités téléphoniques à son interface. Cette semaine, Skype présente une nouvelle version bêta de son application Windows. En théorie, il sera possible d’organiser une visioconférence qui inclue jusqu’à dix participants.

Pour utiliser la visioconférence à dix, tous les participants doivent absolument utiliser la nouvelle version bêta, posséder un ordinateur récent et une connexion internet de 5 Mbit/s. Les premiers retours d’expériences ne sont pas très positifs. La vidéo et l’audio ne semblent pas très bien fonctionner. Tous les participants doivent donc répondent aux exigences minimales pour que la visioconférence fonctionne.
Cette fonctionnalité qui est actuellement en test chez Skype deviendra éventuellement payante lorsqu’elle sera bien rodée. Cette mise à jour offre aussi une nouvelle interface, qui à mon avis se rapproche de celle de Skype pour Mac et une page d’accueil qui se nomme Skype Home. Celle-ci vous prévient des mises à jour du logiciel, informations sur vos achats et affiche les statuts de vos contacts. Disponible sur Windows seulement.
Benoit Descary
Liens:
Téléchargez: Skype 5.0 Windows
Via: Blog de Skype
Via: Lifehacker
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Philips va proposer un téléviseur au format cinéma 21:9 (Full HD) avec l'intégration de la dernière technologie à la mode : la 3D.
Le constructeur hollandais Philips a annoncé trois lecteurs capablent de supporter la nouvelle norme Blu-Ray 3D.
Changement d’horaire et de jour de diffusion pour Place de la Toile, l’émission consacrée aux nouvelles technologies sur France Culture. Désormais, il faudra allumer votre poste de radio le dimanche à 17 heures pour retrouver Xavier de la Porte et ses invités. Et si vous l’avez raté, vous pourrez vous consoler avec le podcast de l’émission et la lecture d’actualité de Xavier de la Porte chaque lundi matin sur InternetActu.
En attendant le retour de #pdlt dimanche, la dernière émission du mois de juillet était consacrée à Lift France et à la lecture d’un article de Wired à propos du dernier livre de Nicholas Carr, The Shallows, que nous avions évoqué également.
La lecture de la semaine est un grand article de Nicholas Carr paru dans le numéro de juin du magazine américain Wired. Nicholas Carr (blog), écrivain américain, que l’on connaît pour ses positions très dures sur les effets négatifs d’Internet, revient à la charge avec la publication d’un nouveau livre The Shallows : What The Internet is doing to our brains dont il livre à Wired une synthèse, dont je vous livre les points principaux.
Carr commence par le récit d’une expérience réalisée par Gary Small, professeur de psychiatrie à l’université de Californie à Los Angeles. Small a demandé de faire une recherche sur Google à deux populations, l’une d’internautes aguerris, l’autre de novices, et a observé grâce à l’IRM leur activité cérébrale. Les résultats ont été différents pour chacun des groupes. L’activité cérébrale des internautes aguerris étant beaucoup plus extensive que celle des novices, particulièrement dans le cortex préfontal, ère que l’on associe à la prise de décision et la résolution des problèmes. Quand ces mêmes populations se sont vues projeter des textes en bloc, il n’y avait plus de différence entre elles du point de vue de l’activité cérébrale. D’où la conclusion de Garry Small : la disposition neuronale distincte des utilisateurs expérimentés d’internet s’était développée à cause de leur usage d’internet.

Mais le résultat le plus remarquable de son expérience est apparu quand Small a réitéré les tests six jours plus tard. Entre temps, il avait demandé aux novices de passer une heure par jour sur l’internet à utiliser des moteurs de recherche. Les nouveaux scanners ont montré que leur activité cérébrale avait changé du tout au tout. Elle était semblable à celle des vétérans du Net. Small écrivait donc : “Cinq heures sur Internet et les sujets novices ont déjà reformaté leur cerveau”.
A la première publication de cette recherche, on s’est enthousiasmé : en mobilisant un grand nombre de cellules cérébrales, Google semblait nous rendre plus intelligents. Mais Small le notait : une plus grande activité cérébrale n’est pas forcément une meilleure activité cérébrale. La vraie révélation, c’était la vitesse et la taille des changements qu’internet apportait à notre fonctionnement neuronal. Et Gary Small concluait son étude par ces mots : “L’explosion actuelle des technologies numériques ne change pas seulement la manière dont nous vivons et nous communiquons, elle altère tout aussi profondément notre cerveau.”
Et Carr d’ajouter que ce sera sans doute un grand sujet de recherche dans les années à venir. Mais, remarque-t-il, des dizaines d’études de psychologues, de neurobiologistes et d’éducateurs nous mènent déjà à certaines conclusions : quand nous allons sur l’internet, nous entrons dans un environnement qui favorise la lecture cursive, la pensée rapide et distraite, et l’apprentissage superficiel. Même si l’internet permet l’accès à un grand nombre d’informations, il nous transforme en penseurs superficiels en modifiant littéralement la structure de notre cerveau.
Après l’exposé de sa thèse, Nicholas Carr passe aux arguments.
Et d’abord, la déception des éducateurs qui avaient introduit les ordinateurs dans les classes en pensant que l’hypertexte favoriserait l’apprentissage, qu’il enseignerait la mise en relation des textes et augmenterait la capacité critique. Des éducateurs qui se sont aperçu dix ans plus tard qu’il en allait autrement. Que les aptitudes mobilisées par l’hypertexte – le fait d’évaluer les liens, de décider où cliquer, d’ajuster les formats – étaient étrangères au processus de la lecture. Et même que, amoindrissant la concentration, elles fragilisaient la compréhension. Et Carr de citer plusieurs études en renfort. L’une d’entre elles, réalisée en 1990, montrait par exemple que les gens ne se souvenaient pas de qu’ils avaient lu et pas lu. Notre familiarité croissante avec le Web n’a pas changé les conclusions de ces études, précise Nicholas Carr. Elles continuent à montrer que les gens qui lisent linéairement comprennent mieux les textes, qu’ils s’en souviennent mieux et apprennent plus que ceux qui lisent des textes farcis d’hyperliens. Ces études montrant que la présence seule de liens dans un texte, mobilisant l’attention pour savoir s’il faut cliquer ou pas, est une distraction néfaste. Des études plus récentes ont montré que la distraction était encore supérieure quand des liens étaient entourés d’images, de vidéos et de publicités.
Nicholas Carr explique : notre intelligence repose sur notre aptitude à transférer les informations depuis notre mémoire au travail vers la mémoire à long terme. Quand les faits et les expériences entrent dans notre mémoire de long terme, nous pouvons les transformer en idées complexes qui donnent toute sa richesse à notre pensée. Mais le passage de la mémoire au travail à la mémoire de long terme est une sorte de goulot inversé. Alors que notre mémoire de long terme a une capacité de stockage presque illimitée, notre mémoire au travail ne peut traiter qu’un petit nombre d’informations à la fois. Ce stockage de court terme est donc fragile : une rupture d’attention peut éjecter le contenu hors de notre cerveau. Une lecture concentrée permet de faire passer dans notre mémoire de long terme les informations par petits blocs, avec des pertes moindres, ce qui fabrique les associations essentielles à la création de la connaissance et de la sagesse. Sur le Net, les informations sont trop nombreuses. On transfère vers la mémoire longue des informations morcelées et disparates, pas un flux cohérent et continu. Ce qui, d’après les psychologues, nous met dans l’incapacité de traduire le nouveau matériau en connaissance conceptuelle. Notre apprentissage et notre compréhension en souffrent. C’est pourquoi, selon Carr, une activité cérébrale étendue, comme celle découverte par Gary Small, ne doit pas étre célébrée comme on l’a fait. Elle peut mener à une surcharge cognitive.
Pour Carr, Internet est un système interruptif. Et d’énumérer toutes les occasions que le Net nous fournit de nous distraire. Pour mesurer les effets négatifs de ce système interruptif, Carr s’appuie sur ce que les neurologues appellent le switching cost le “coût de la commutation”. Chaque fois que notre attention se détourne, notre cerveau doit se réorienter et puise dans ses ressources. Ce phénomène, disent les études, peut ajouter à la surcharge cognitive et mener à la difficulté à interpréter. Sur Internet, où l’on jongle sans cesse entre différentes tâches, les coûts de commutation sont toujours plus élevés.
S’en suit une critique en règle du multitasking, le fait d’être sur plusieurs tâches en même temps. Selon Carr, quand on demande à être interrompu, par les pop-ups, par nos mails, par les messageries instantanées et les flux RSS, nous organisons la perte de concentration et la fragmentation de notre attention et donc les dommages faits à notre activité cérébrale.
Bien sûr, tempère Nicholas Carr, les conséquences mentales de notre appétence pour l’information en ligne ne sont pas toutes mauvaises. Certaines capacités cognitives sont renforcées : la coordination oeil-main, les réponses réflexes… en gros, la recherche sur Internet renforce les fonctions cérébrales liées à la résolution rapide des problèmes. Mais pour Carr, cela ne suffit pas à conclure que le web nous rend plus intelligent.
Et de citer encore une étude, de 2009 celle-là, qui s’est concentrée sur les effets des différents médias en terme de cognition. La conclusion de Patricia Greenfield, la chercheuse coordonnant cette étude : “Chaque médium développe des capacités cognitives aux dépens d’autres.” Toujours selon Patricia Greenfield, notre usage croissant d’Internet aurait mené au développement sophistiqué d’aptitudes visio-spatiales, mais aurait fragilisé notre capacité à acquérir des connaissances profondes, à mener des analyses inductives, à produire de l’esprit critique, de l’imagination et la réflexion. Notre cerveau est plastique, il s’adapte aux médias et se forme à leurs exigences. Ce qui signifie que ce que nous acquérons, ou perdons, avec l’activité en ligne, s’étend au reste de notre vie.
Pour Carr, il n’y a rien de mauvais en soi à absorber très vite des informations en pièces détachées. Nous l’avons toujours fait en lisant le journal ou des magazines. Cette aptitude est aussi importante que celle qui nous permet de nous concentrer. Ce qui l’inquiète, c’est que cette absorption devienne une fin en soi, qu’elle devienne notre seule méthode d’apprentissage.
Carr conclut en disant que nous faisons, au sens métaphorique, un trajet inverse à celui des débuts de la civilisation. Nous passons du stade de cultivateurs de la connaissance personnelle à celui de chasseur dans la forêt des données. Dans ce processus, nous allons fatalement perdre beaucoup de ce qui fait que l’esprit est si intéressant.
Xavier de la Porte
L’émission du 24 juillet 2010 était consacrée à Lift France. Une émission à réécouter en différé ou en podcast sur le site de Place de la Toile.
économie de l'attention, lecture, mémoire, NBIC, neurosciences
Beaucoup d'annonces se font en ce moment à Berlin, notamment chez LG avec la présentation d'un modèle de télévision OLED disposant d'une dalle de 31 pouces avec seulement 2,9 mm d'épaisseur, c'est le téléviseur le plus fin au monde. C'est grâce à cette technologie OLED qu'on peut aujourd'hui obtenir une telle finesse, en la regardant de profil certains disent qu'elle est "invisible".
Crédit Image
La version officielle de Twitter pour iPad est officiellement disponible et oui, elle est offerte en version française. Contrairement à la version Web et Mac, Twitter pour iPad vous offre le contenu à même l’application.

En ce sens, cette nouvelle application me fait penser à Flipboard. Aussitôt qu’un lien URL accompagne un Tweet, une fenêtre vous donnera accès au billet, à la photo ou à la vidéo à laquelle réfère le lien.
L’idée est bonne, pour Twitter vous passez plus de temps sur l’application et comme utilisateur vous avez rapidement accès au contenu sans devoir basculer d’une application à l’autre.

L’interface est intéressante, mais demande quelques minutes d’adaptation. Par contre, une fois que vous êtes familiarisé la navigation est agréable. Voici quelques commandes qui vous aideront à maîtriser Twitter pour iPad:

J’ai éprouvé quelques problèmes à lire des vidéos provenant d’YouTube intégré sur un blogue ou site Web. Sinon, dans l’ensemble c’est un excellent client Twitter.
Benoit Descary
Lien:
Téléchargez : Twitter pour l’iPad
Source: blog de Twitter
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En ce moment a lieu à Berlin le salon de l'électronique IFA 2010, c'est depuis le salon que Samsung a annoncé sa tablette Galaxy Tab. Le constructeur coréen dit de sa tablette que : "le Galaxy Tab est léger, fin et tient dans une main" avec un poids de 380g, elle est multi-taches en et très polyvalente avec l'intégration de photo et vidéos là où l'iPad échoue.
Niveau Software, la tablette embarque Android Froyo 2.2 avec la compatibilité Flash 10.1 et HTML 5 pour en rajouter une couche face à l'iPad.
C'est fait, Twitter étends aujourd'hui son application officielle à l'iPad grace à la mise à jour 3.1 qui optimise l'application de base pour la tablette magique.
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Sony compte faire de l'ombre à Apple avec un logiciel nommé Qriocity basé sur un système de VOD avec un service d'écoute de musique en Cloud. La VOD est déjà disponible depuis avril 2010 aux USA donnant la possibilité de louer des films en streaming, Sony prévoit de lancer ce service dans cinq pays européens avec l'Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni et la France.Les partenaires sont nombreux puisque Sony est suivi par les plus gros studios dont 20th Century Fox Home, Paramount Pictures, Warner Bros etc..
Comme pour iTunes, deux qualités d'affichages seront disponibles avec la HD devenu une référence et la qualité standart pour les personnes ne disposant pas d'un matériel récent. Les films pourront être loués à partir des télévisions de la marque avec les modèles Bravia, également sur les lecteurs Blu-Ray.
Après la vidéo, parlons musique avec la sortie fin 2010 d'un service musical basé sur le Cloud qui se nommera Music Unlimited powered by Qriocity ouvrant les portes d'une bibliothèque composée de millions de chansons.
Ce service sera déployé sur les mêmes appareils que la VOD mais également sur la Playstation 3, sur les ordinateurs Vaio et les appareils mobiles Sony.
Sony a du pain sur la planche, et va devoir faire fort pour détroner le leader surtout avec les annonces qui ont été faites hier.
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Pour mieux répondre aux nombreuses questions que posent la vie privée des utilisateurs à l’heure des sites sociaux, le spécialiste de la sécurité, Bruce Schneier a tenté de construire une intéressante Taxonomie des données, car ce qu’on appelle données dans le monde des sites sociaux recouvre plusieurs réalités différentes (voir notre dossier Critique du Web²). Il distingue ainsi :

Image : exemple de flux de données dans les médias sociaux par Anne Helmond.
Comme l’explique encore Bruce Schneier, il y a d’autres façons d’analyser les données des utilisateurs. Il y a celles qu’on donne au site en toute confiance, en attendant du service qu’il les sauvegarde. Celles qu’on publie ouvertement et celles que d’autres utilisent pour vous trouver. Celles que l’utilisateur ne partage qu’avec un petit nombre de proches. Sans compter que le site social peut toutes les monétiser, notamment en vendant de la publicité ciblée par exemple.
Bien sûr, les nombreux sites de réseaux sociaux donnent aux utilisateurs différents droits pour gérer chaque type de données (souvent notamment des paramètres de contrôle sur les données selon la relation qu’on établit avec les gens : mais toute la difficulté consiste alors pour l’utilisateur à parvenir à catégoriser correctement ces relations). Mais les droits sur les données confiées, les données fortuites, voire les données comportementales sont souvent bien moins clairs pour l’utilisateur, rappelle le chercheur.
Comme le rappelait danah boyd dans la Technology Review : “la façon dont la vie privée est encodée dans le logiciel ne se recoupe avec la façon dont nous la traitons dans la vie réelle”. Dans le monde des ordinateurs, la vie privée est souvent gérée via des contrôles d’accès. Or, elle n’a rien à voir avec une gestion des accès. La gestion de la vie privée consiste à comprendre un contexte social, faire sens de la façon dont nos informations circulent auprès d’autres, en les partageant de manière négociée. Pour que les médias sociaux deviennent plus matures, explique la chercheuse, il faudra d’abord repenser la façon dont on encode la vie privée dans ces systèmes.
confiance, identité, identités actives, intelligence des données, opendata, réseaux sociaux, Web²
Les rumeurs l'avaient prédis et encore une fois et elles ne se sont pas trompées.
Un nouvel iPod Touch:
Un nouvel iPod Nano :
Un nouvel iPod Shuffle :
Une nouvelle Apple TV :
Du coté logiciel, iTunes est mis à jour avec la version 10 avec non seulement un nouveau logo mais une nouvelle fonctionnalité intitulée Ping qui est une intégration de Twitter et Facebook dans le lecteur multimédia pouvant partager avec ses amis ses goûts musicaux.
Ce soir va avoir lieu la keynote Apple tant attendue avec son lot de nouveautés et de surprises. Mais ce soir va être spécial puisque Apple va revenir sur une technologie qu'elle n'a pas utilisée depuis longtemps : Le Live Streaming
The iPad Orchestra from Alex Shpil on Vimeo.
Il a toujours été possible d’améliorer le système de gestions des messages sur Gmail en créant des filtres. J’ai d’ailleurs écrit quelques billets à ce sujet. Cependant, une nouvelle fonctionnalité de Gmail et Google Apps devrait aider encore plus la gestion de votre boîte mail. Cette fonctionnalité se nomme «Boîte de réception prioritaire».
![gmail prioritaire Une Boîte de réception prioritaire sur Gmail [Nouveauté]](http://descary.com/wp-content/uploads/2009/2010/08/gmail-prioritaire.jpg)
Ce système plus simple à utiliser que les filtres identifiera automatiquement les messages importants. Pour arriver à ce résultat, Gmail analysera vos communications. Ainsi, les messages qui se retrouveront dans la boîte Prioritaire, proviendra des correspondants avec lesquelles vous communiquez le plus, les mots clés qui reviennent le plus souvent dans vos messages et sur lesquels vous activez le suivi.
![gmail prioritaire 1 Une Boîte de réception prioritaire sur Gmail [Nouveauté]](http://descary.com/wp-content/uploads/2009/2010/08/gmail-prioritaire-1.jpg)
Bien que ce système fonctionne automatiquement, il est possible de retirer des messages de la liste prioritaire ou d’en ajouter manuellement. Ce qui vous permet de corriger les erreurs ou d’ajouter des correspondants que vous jugez comme étant important. Pour ajouter ou retirer un message de votre liste, vous pouvez tout simplement cliquer sur le bouton + ou – qui se trouve à droite de «Supprimer».
De plus, lorsque vous créez un filtre, vous avez accès à deux nouvelles actions. L’une qui vous permet de toujours marque les messages associés à ce filtre comme important et l’autre comme non important. Le panneau de gestion de la «Boîte de réception prioritaire» se trouve dans les paramètres. La fonctionnalité sera normalement disponible sur tous les comptes au cours des prochains jours.
Benoit Descary
Source: Blog de Gmail
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De toutes les applications soi-disant “web 2″ ou faisant appel à l’intelligence collective, Foldit pouvait apparaître, lors de sa sortie en 2008, comme la plus prometteuse, tant elle semblait au confluent des différentes tendances actuellement en gestation : d’abord, il s’agissait d’un vrai moyen de “changer le monde par le jeu” qui abolissait la frontière entre éducation et recherche. C’était aussi la première “vraie” application de biohacking: soyons honnête, il n’est pas encore venu le temps ou chacun bricolera l’ADN dans sa cuisine. Mais agir sur des simulations informatiques d’authentiques structures biologiques (et non sur des formalisations abstraites, comme c’est le cas avec les systèmes de vie artificielle), avec la promesse d’obtenir des résultats pertinents dans le monde réel, voilà ce que permet Foldit, et c’est sans doute ce genre d’outils qu’utiliseront les “biohackers” de demain.
Ensuite, d’un point de vue cognitif, Foldit était un bon exemple du retour du corps dans notre façon d’agir sur le monde. C’est avec ses doigts qu’on recherche et qu’on pense dans Foldit, pas avec sa tête. C’est pourquoi un enfant de 12 ans peut se révéler meilleur à ce jeu qu’un microbiologiste.
Enfin, last but not least, Foldit était amusant : c’est l’exemple même du Casual game qui revient en vogue aujourd’hui. Il constitue une bonne alternative au Solitaire ou au Tetris.
Mais Foldit, comme ces multiples projets novateurs qui prolifèrent aujourd’hui sur le Net, ne promettait-il pas plus qu’il ne délivrait ? Au-delà de l’idée sympa, quels sont les véritables apports d’une application de ce genre ? Suivant la publication d’un article dans la revue Nature (payant pour la partie technique, mais avec un reportage de “vulgarisation” gratuit (.pdf) – enfin pour l’instant) une série d’articles ont fleuri dans la presse scientifique de ce mois d’août, nous donnant l’occasion de faire un premier bilan de l’expérience.
Amateurs contre spécialistesDans le premier article que nous avions consacré à Foldit nous annoncions la participation des joueurs de Foldit à la compétition internationale de pliage de protéines, la CASP. L’évènement a eu lieu en 2008. Foldit participait dans la catégorie “combat libre” où les équipes pouvaient utiliser toutes les ressources disponibles, y compris le cerveau humain, pour résoudre les énigmes proposées lors du championnat. On aurait aimé découvrir comment la communauté Foldit s’est positionnée face à la concurrence d’intelligences artificielles “pures” mais au moins pourra-t-on savoir comment des “amateurs” se sont comportés face à des équipes de biochimistes professionnels. Les résultats sont tout à fait significatifs : sur les 15 énigmes proposées aux joueurs de Foldit, ceux-ci se sont classés dans le trio de tête dans 7 cas, et sont même arrivés premiers sur l’un d’entre eux. Pour Wired, la messe est dite : “un groupe de joueurs non scientifiques a battu les équipes d’experts”.
Plus modestes, les créateurs de Foldit se contentent de dire sur le blog du site que les joueurs se sont montré aux mêmes niveaux que les équipes de professionnels.
En tout cas, l’équipe la plus performante lors de la CASP n’était en rien constituée de professionnels. Wired, encore, nous raconte les réussites d’un de ses membres les plus doués, “cheese”, alias Aristides Poehlman, 13 ans, et son “match” mémorable contre un concurrent français, Laurent de Jerphanion. Poehlman s’est avéré tellement doué qu’il a suscité l’intérêt des chercheurs, qui se sont penchés sur ses méthodes de travail. Lorsqu’on demandé à Poehlman “comment il connaissait la manière de manipuler correctement une protéine, par exemple en orientant vers le centre les parties hydrophobes (qui chassent l’eau) de la molécule, il haussa les épaules et répondit “cela me paraît mieux comme cela”.”
Et Wired de citer à ce propos David Baker : “quand je disais dès le début que Foldit m’aiderait à trouver des prodiges du pliage des protéines, c’était encore de la spéculation… C’est fantastique de voir que c’est devenu vrai.”
L’homme contre la machineLes concepteurs du jeu ont aussi comparé les performances de Foldit à celles de son ancêtre direct, Rosetta@Home, nous explique le magazine Discover. Basé sur le principe de Seti@Home, Rosetta@Home est un exemple classique d’intelligence distribuée. On laisse son ordinateur travailler sur un problème pendant les périodes de pauses, comme un économiseur d’écran (en fait, c’est parce que David Baker, professeur de biochimie a l’université de Washington, avait constaté que bon nombre d’utilisateurs de Rosetta@Home se plaignaient de la lenteur des calculs de leurs machines, et affirmaient être capable de faire mieux, qu’il en vint à imaginer Foldit).
Pour tester l’utilité de cette approche, Seth Cooper, cocréateur de Foldit et designer en chef du système, proposa à ses joueurs de résoudre 10 énigmes (des protéines dont la structure était connue, mais dont il n’existait aucune trace sur les banques de données publiques). Les joueurs de Foldit purent se montrer fiers de leurs talents : ils se montrèrent plus performants que Rosetta@Home sur cinq épreuves et firent match nul sur trois autres. Quant aux cas où “Rosetta” battit les joueurs, elle ne se rapprocha pas pour autant de la solution finale.
Pourtant, il reste des cas où la machine reste supérieure à l’homme. Cela ne désespère pas Cooper, cela lui permet au contraire d’envisager une fructueuse collaboration : un système comme Rosetta@Home pourrait se charger des premières phases du pliage, puis les humains prendraient la relève lorsque le travail devient trop subtil pour lui, par exemple.
Méthodes et stratégiesCes divers résultats ont permis de comprendre un peu mieux comment procédaient les joueurs de Foldit.
Ainsi, il existe un certain type de protéines avec lesquelles les joueurs humains excellent particulièrement : celles dont la structure de base doit être profondément remaniée, par exemple en envoyant des éléments de la surface vers les profondeurs de la molécule : les humains sont capables d’effectuer de telles transformations sans pour autant perdre de vue la structure fondamentale de la protéine, quitte, pour un temps, à s’éloigner fortement de son but et à perdre des points. Pour une intelligence artificielle, recourir à de tels sacrifices ne serait pas raisonnable du point de vue du calcul.
L’intelligence collective est un autre facteur d’efficacité des équipes Foldit, grâce à la formation d’équipes spécialisées : certains joueurs préfèrent commencer le travail sur une protéine, d’autres interviennent à mi-parcours, une dernière classe enfin est plus douée pour effectuer les ultimes finitions.
Depuis peu, Foldit est entré dans une nouvelle phase. Afin d’exploiter encore mieux les possibilités des meilleurs joueurs, l’équipe de chercheurs a proposé à certain d’entre eux, non plus seulement de”plier”, mais bel et bien de créer ex nihilo de nouveaux types de protéines. Ceci dans le but, nous explique Nature, de trouver de nouveaux catalyseurs pour la photosynthèse ou des protéines capables de s’attaquer à des virus comme celui du SIDA ou la grippe H1N1.
En octobre dernier, une des trouvailles découvertes par un des meilleurs joueurs, Scott Vasarely (dont les qualifications professionnelles consistent à travailler comme acheteur dans une usine de soupapes et à diriger une petite entreprise de …. massage) suscita chez Baker un tel intérêt qu’il chercha à la synthétiser dans un laboratoire. Un échec, mais, précise Nature, ce ne serait selon Baker qu’une question de temps avant qu’un des joueurs ne réussisse à produire une nouvelle molécule viable.
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How secure is my password est un service Web qui évalue le temps nécessaire pour arriver à craquer votre mot de passe en utilisant la méthode Brute force attack. En quelques secondes vous saurez si votre mot de passe est sécuritaire ou non.

Utile? Peut-être pas, mais certainement intéressant de constater que selon ce site mon mot de passe nécessite 17 mille ans pour être déchiffré. Je vous rappelle qu’un mot de passe composé d’un mélange de symbole et de caractères numériques et alphanumériques (exemple: 4#Wr$zQ2) est beaucoup plus sécuritaire.
Par exemple, un mot de passe composé de 8 caractères alphanumériques minuscules possède 208 827 064 576 (26^8) combinaisons possibles. Alors qu’un mot de passe de la même longueur contenant un mélange de lettres minuscules, majuscules et de nombres possède lui 6.09568939 × 10ex15 (94^8) combinaisons.
Benoit Descary
Liens:
How secure is my password: [howsecureismypassword.net]
Via: Digital inspiration
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L’innovation ouverte est à la mode, au moins depuis le livre éponyme d’Henry Chesbrough, explique Tim Leberecht responsable du marketing de Frog Design. Mais comment le design peut-il s’adapter à cette forme d’innovation, à l’ouverture ?
Faisant référence à la conférence de JP Rangaswani, président de BT Design (blog), sur le “Design pour la perte de contrôle” où ce dernier expliquait que la combinaison d’infrastructures numériques nouvelles (le logiciel comme service (SaaS), l’informatique en nuage (cloud computing), les logiciels sociaux et les téléphones intelligents) a conduit employés et solutions clients à un niveau qui rend les systèmes informatiques top-down obsolètes. Comme l’explique Dion Hinchcliffe du groupe Dachis : “Les entreprises consacrent actuellement des ressources considérables pour imposer un contrôle sur une situation qui apparaît de plus en plus comme ne pouvant plus être contrôlée et qui n’a d’ailleurs certainement plus besoin de l’être.”
Mais ce nouveau paradigme a des implications qui vont au-delà des systèmes d’information. Les employés sont confrontés à des solutions de plus en plus hybrides entre espaces de travail et espaces privés, et ils sont de plus en plus enclins à trouver des espaces numériques et des outils qui permettent d’être de plus en plus adaptés pour faire efficacement leur travail sans avoir à demander à personne la permission. Les clients également attendent désormais des marques qu’elles leur proposent des modèles de participation et de collaboration qui correspondent aux modèles les plus distribués des médias sociaux. Les entreprises ont donc perdu le contrôle (de leurs effectifs, de leurs clients et en partie de leurs marques). Comme le souligne la consultante Charlene Li dans son livre Le leadership ouvert (Open Leadership), elles n’ont jamais été vraiment en contrôle, mais elles sont désormais obligées d’abandonner ce qui est nécessaire au contrôle.
Li explique comment les entreprises doivent adopter de nouvelles règles de transparence pour faire face aux réseaux sociaux et au web temps réel. John Hagel, John Seely Brown, et Lang Davison, dans le Pouvoir de l’attraction (Power of Pull), suggèrent d’élaborer des stratégies pour y répondre. Si les concepteurs font leurs l’idée que l’influence est la nouvelle monnaie, ils doivent concevoir des outils pour que les clients et les employés de ces entreprises puissent y adapter leurs participations. Les entreprises doivent donc élaborer des stratégies pour amplifier et accélérer la perte contrôle afin d’éviter que clients et employés ne les abandonnent estime Tim Leberecht, tout en facilitant la circulation des connaissances, des idées, des compétences et des expériences.
Orchestrer la perte de contrôleL’ouverture est devenue une exigence fondamentale pour réussir à tirer parti de la nouvelle économie. Il faut développer des approches qui permettent de trouver des solutions créatives pour mieux définir les problèmes qui se posent. Comme le disent Hagel, Brown et Davison : “Si vous voulez savoir ce que vous ne savez pas et que vous ne connaissez pas, vous avez besoin de passer du temps avec d’autres personnes qui pourraient déjà le savoir.”
“La perte de contrôle permet la création de liens plus faibles dans une société en réseau. La recherche a montré que les liens faibles sont plus favorables à la circulation des idées, des connaissances et des compétences – parce qu’ils permettent de se déplacer plus rapidement d’un nœud à l’autre, que le réseau devient plus accessible et plus agile sur ses franges. Plus vous vous éloignez du centre du réseau, moins vous pouvez avoir de contrôle.”
Les designers savent concevoir des espaces de création, des mécanismes de rétroaction et d’autres expériences de participation. Mais ils n’ont peut-être pas délibérément orchestré la perte de contrôle qu’il leur faut désormais concevoir. Or les formats qui président à ce nouveau mode de collaboration et de création de valeur sont encore émergents et informels, et ils transportent généralement une quantité importante de connaissances tacites.
Que peut-on ouvrir ?Et Tim Leberecht de donner de nombreux exemples de modèles d’ouverture dans l’innovation, comme les plateformes de crowdsourcing développées par Dell (IdeaStorm), Starbucks (MyStarbucksIdea), Procter & Gamble (Connect), Nike et le GreenXChange, voir même TED et ses TEDx, OpenIDEO et ses défis créatifs, InnoCentive dans le domaine scientifique… Voir même la recherche en design comme la plateforme FrogMob développée par FrogDesign, permettant de mobiliser réseau interne et contributeurs externes sur une mission spécifique ou éclair. Ou encore l’atelier ouvert des NPR sur l’avenir des médias numériques permettant à 60 de ses dirigeants d’explorer de nouvelles approches pour la création de contenus.

Image : TEDx, la célèbre conférence TED permet que d’autres exploitent sa marque selon des conditions bien précises.
Sur le même modèle, on pourrait imaginer des ateliers “Think-in”, permettant de réunir des clients pour explorer de nouvelles possibilités pour des marques. Et d’évoquer encore les projets de développement logiciel open source humanitaire utilisé par IBM pour sa plateforme Eclipse, les Random Hacks of Kindness (Rhok) de Google, Microsoft et Yahoo! qui réunissent des geeks et des technophiles pour développer des solutions logicielles capables de répondre aux grands défis de l’humanité d’aujourd’hui via des hackathons, des journées de codages marathon pour développer des applications logicielles par exemple pour le secours aux sinistrés…
D’autres sociétés comme Lockheed Martin ont publié en open source leur solution de réseautage social Eureka pour que leurs experts en interne puissent dialoguer plus facilement avec d’autres. Dow Chemical a elle mis en place un réseau social ouvert à ses anciens employés afin d’élargir les apports, car chacun sait que les réseaux fermés ont une valeur moindre. La société de Design Continuum a elle, dans un défi de transparence, choisi d’ouvrir son processus créatif, en montrant sur une série de blogs son travail de conception pour le Museum de Boston. Et qui sait si demain on ne verra pas d’expériences plus radicales encore consistant à faire du design participatif, avec une équipe de création distante pour l’encadrer… Ou à partager un canal de communication (comme un compte Twitter) avec le public.
Ces expériences de transparence radicales ont certes des issues imprévisibles, mais les relations de collaboration l’emportent sur les risques de réputation ou de violation de la propriété intellectuelle, estime le responsable du marketing de FrogDesign. D’ailleurs, est-ce que la propriété intellectuelle est une fin en soi, une fin exclusive des stocks de connaissances ? Le plus grand atout d’une entreprise ne réside-t-il pas plutôt dans sa capacité à attirer les talents et à développer de l’accès à ses connaissances et compétences ? s’interroge le designer.
Petit à petit, des start-ups qui exploitent les principes d’auto-organisation décrite par Clay Shirky dans Here comes everybody font leur apparition. Les entrepreneurs de moins de 30 ans du réseau Sandbox ouvrent leur capital social pour s’attaquer “aux grands problèmes mondiaux” comme ils l’expliquent avec un peu de naïveté sur leur blog. Pour Max Marmer, l’un des organisateurs de ce réseau, ce qui caractérise des projets développés par ce réseau comme Supercool School (une plateforme éducative ouverte à tous via la mise en place d’un réseau mondial d’école accessible en direct) ou AssetMap (une plateforme qui aide les gens à découvrir et exploiter des ressources dans la communauté qui les entoure) est que “l’accent mis sur “le potentiel humain” ou le “capital social” plutôt que le capital économique. “L’espoir est que la création d’un espace bien défini pour que ces organisations travaillent ensemble, permettra de partager ce capital social et d’atteindre des visions mutuellement partagées.”
Autre exemple encore, avec les conférences ouvertes, organisées par les participants, qui sont eux-mêmes leurs propres experts, sur le modèle des BarCamps ou des non-conférences. D’autres encore utilisent la méthode des conversations ouvertes comme Skittles qui utilise ce que les utilisateurs disent de sa marque pour alimenter la conversation avec ceux-ci, un peu comme si McDonald se voyait confronté à un site regroupant toutes les informations, billets, vidéos et tweet qui parlent de sa marque.
Sur le même modèle, on pourrait imaginer des ressources humaines ouvertes, imagine Tim Leberecht. “De toutes les fonctions critiques de l’entreprise, les ressources humaines pourraient être ouvertes pour favoriser un plus grand potentiel d’innovation, une culture de l’ouverture et de la participation et modifier radicalement la relation entre l’employé et l’entreprise”. Chez FrogDesign, FrogForward permet aux employés et à la direction de gérer la performance des employés toute l’année, et pas seulement lors d’un entretien annuel. L’établissement d’objectifs est inscrit comme un flux, et le retour – par les pairs, comme la rétroaction des employés – peut être partagé à tout moment, de manière ouverte ou privée… “Cette nouvelle approche reflète les réalités changeantes du rendement au travail, à partir d’un travail sur le contrôle et sur la coordination avec des objectifs quantifiables et une vision globale de la situation, qui permet de donner à l’employé plus de contrôle sur le processus et de mieux mettre en valeur les actifs incorporels, les connaissances tacites, l’intelligence sociale”.
Les caractéristiques de l’ouvertureToutes ces initiatives, qu’elles s’appliquent à la marque, à la gestion de la relation client, au produit, au service de R&D, à la clientèle ou aux ressources humaines, présentent certaines caractéristiques similaires, conclut Tim Leberecht :
La conception pour la perte de contrôle est bien sûr une conception de crise, conclut Tim Leberecht avec une certaine lucidité. Il faut fournir un design qui conçoit une structure pour répondre à des solutions d’urgence dans des situations d’urgence, comme les architectes conçoivent des espaces afin d’y échapper comme l’évoquait Stephan Trueby dans son livre Exit architecture. “Si vous concevez des moyens pour sortir du système, ils pourraient aussi bien servir en tant que moyens dans le système”. Wikileaks et sa transparence sans compromis a besoin du secret radical pour fonctionner : “La même organisation qui dépend de la perte de contrôle de son contenu dépend en grande partie d’un environnement très contrôlé pour se protéger et rester efficace. Appliqué à des systèmes et la conception de solutions, cela signifie que l’ouverture totale est l’antidote à l’ouverture. Quand tout est ouvert, rien n’est ouvert. Afin de concevoir l’ouverture, les designers doivent d’abord déterminer ce qui doit rester fermé. Il s’agit d’une mission stratégique: faire des choix négatifs des effets positifs.”
Pour cela il faut construire de la variance dans un système pour le transformer en flux tout en conservant certains contrôles sur certains paramètres (accès, limites, participants, ordre du jour, processus, conversation, collaboration, documentation…) permettant de gérer les conditions d’ouverture. La conception pour la perte de contrôle nécessite tout de même de garder… le contrôle.
coopération, innovation ascendante, innovation sociale, open innovation, Participation, réseaux sociaux
La Stéganographie – http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9ganographie – est l'art de la dissimulation, celui de cacher une message dans un autre message. . Cacher de l'information dans un message qui peut donc prendre plusieurs sens, tel est l'art de la vie privée à l'âge de la vie publique que pratiquent déjà beaucoup d'adolescents, estime danah boyd, incapables de gérer leur paramètres de confidentialité ou d'exclure certaines personnes de leurs réseaux d'amis en ligne.
Les innovations des prochaines générations de vélos en libre service – InnovCityL'avenir du vélo en libre service c'est l'assistance électrique, l'amélioration du système de distribution, des antivols et des pneus increvables et des stations de plus en plus légères à installer.
Voix sur IP dans Gmail : et si Google analysait toutes les conversations ? – NumeramaEn lançant son service de téléphonie IP, Google propose un outil de plus pour mieux nous connaitre. Politique fiction ?
Orange donne un aperçu de l’internet sans neutralité du net - ReadWriteWeb FranceAvec simplicité et pédagogie, Fabrice Epelboin démontre comment les nouveaux forfaits mobiles d'Orange offrant un abonnement premium à Deezer favorisent une société plutôt que d'autres, cassant la neutralité du marché. Une belle démonstration de ce que devrait être la neutralité du net appliqué à la téléphonie mobile.
La tyrannie du lieu – Muki Haklay’s personal blogIntéressante présentation de Muki Haklay, spécialiste de technologies géospatiales, qui montre comment le lieu, la géographie est à la fois une limite et une motivation dans les contributions cartographiques en ligne. Il rappelle également que les représentations de l'espace sont personnelles et très différentes selon l'outil qu'on utilise : Panoramio, Picasa ou Flickr ne dressent pas la même carte d'une même ville. Comme chacun de nous n'a pas la même perception d'une même ville selon ses pratiques et son expérience.
Comment devenir un expert ? – FrontalCortexSelon plusieurs études, c'est la pratique qui permet d'acquérir la performance de l'expert. Il faut 10 000 heures de pratiques pour devenir un expert, estime le psychologue américain Anders Ericsson. Si vous voulez devenir un expert ou une star jeune, il suffit de commencer tôt…. Une autre étude montre que les athlètes de haut niveau américains proviennent, plus que la moyenne de petites villes de moins de moins de 500 000 habitants : la raison serait qu'elles permettraient de mieux développer des relations sociales et qu'elles seraient moins compétitives. Le fait d'élargir son entrainement sportif à d'autres sports, d'éviter la spécialisation trop tôt, en fait, pourrait aider les enfants à élargir leurs compétences… Les compétences essentielles ont plus de chance d'apparaître dans la diversité que dans la spécialisation…
Les média sociaux bouleversent l’économie – ReadWriteWeb FranceSoumitra Dutta, co-auteur du prochain Global Technology Report du World Economic Forum – http://www.weforum.org/en/initiatives/gcp/Global%20Information%20Technology%20Report/index.htm – estime que la montée des médias sociaux appelle à prendre en compte leurs impacts sociaux-économiques. Si les anciens outils de mesures économiques permettent de mettre en valeur les zones où les technologies sont les moins développées, ils peinent à mesurer la liberté d'expression ou l'usage même des technologies… " L’économie est bien plus simple quand il s’agit de comp ter de l’argent et que l’on mesure la capa cité à créer de la valeur." Voir également : http://techonomy.typepad.com/blog/2010/08/global-tech-metrics-changing-due-to-digital-social-media-.html
L’éco-quartier, un modèle de développement urbain durable ? Analyse critique – Groupe ChronosL'éco-quartier demeure "expérientiel" et limité : ces micro-systèmes montrent la difficulté des villes à adopter des démarches systémiques et profitent surtout à des catégories socio-professionnelles supérieures. Souvent, la recherche du moindre impact environnemental pourrait être encore amélioré notamment en favorisant plus la dimension participative, qui est souvent le parent pauvre de ces projets.
L'ère du catalogue – La vie des idéesRépertoires, annuaires, fichiers, inventaires, compilations : les listes prolifèrent, à tel point qu’en faire la liste relève de la gageure. Pour Umberto Eco et Bernard Sève, la mise en liste du monde et de l’existence dit quelque chose de notre civilisation — de notre rapport à l’accumulation, à la mémoire, à l’invention.
Un moteur de recherche qui peut regarder le passé… et le futur – Technology ReviewYahoo Time Explorer – http://fbmya01.barcelonamedia.org:8080/future/index.jsp – est un prototype de moteur de recherche imaginé par les laboratoires de Yahoo Barcelone, qui mérite le détour. Comme d'autres avant lui, il présente les résultats sous forme de ligne de temps, mais permet surtout de regarder le futur, cherchant des dates ou des critères temporels ("le mois prochain") associées aux critères de recherche. Il extrait également des noms, des localisations et construit des graphes relationnels… Le moteur ne fonctionne pour l'instant qu'avec une base d'article du New York Times allant de 1987 à 2007. Comme le disait récemment Esther Dyson – http://www.project-syndicate.org/commentary/dyson23/English – évoquant l'avenir de la recherche en ligne, avec l'arrivée de la structuration sémantique, celle-ci est en train de redevenir intéressante. En voici effectivement un bon exemple !
Propriété intellectuelle et croissance : la remise en question ? – NumeramaIl est d'usage de considérer que la propriété intellectuelle est un vecteur de croissance… Déjà contestée à l'échelle internationale, cette idée est aussi fragilisée dans les pays riches comme le montre l'étude que lance l'administration britannique chargée de la propriété intellectuelle pour savoir qu'elle est la politique optimale de protection des savoirs et quel est le retour sur investissement de cette protection. Cheikh Kane pour IP Watch souligne que les brevets sont un frein au transfert de technologie et plus encore à son adaptation locale.
N°1 – Territoires 2040, aménager le changement – DatarPremier numéro de la nouvelle revue de la Datar sur la prospective territoriale qui s'interroge sur la représentation comme concept opératoire pour la prospective. Avec par exemple cette étude – http://ks306802.kimsufi.com/datar/spip.php?article13&revue=1 – qui indique que de plus en plus, l'emploi suis les gens plutôt qu'il n'induit leur localisation.
Les tyrannies de l’intimité – Blogo-NumericusEn relisant les tyrannies de l'intimité du philosophe Richard Sennett, Pierre Mounier éclaire le décalage entre vie publique et vie privée. Avec le développement de "la société intimiste" nait la fin de la "culture publique". A mesure que se développe la "vie privée", nous sommes chassés, dépossédés du contrôle collectif de l'espace publique, comme la rue. Pourquoi les caméras de surveillance provoquent le malaise ? Non pas parce qu'elles nous observent, mais parce qu'elles nous disent que nous ne sommes pas responsable de la rue. Si nous avons besoin de caméras de surveillance c'est parce qu'on a intégré le fait que la rue n'est pas à nous.
Al Franken : “la neutralité du net est l’équivalent contemporain du droit à la liberté d’expression” -| ReadWriteWeb France"Protéger et faire de l’internet un espace ouvert ne concerne pas seulement la mise en place d’une législation assurant la neutralité du net, c’est aussi s’assurer que l’internet ne devienne pas la propriété d’une poignée d’entreprises. (…) C’est pourquoi je pense qu’empêcher la concentration des média est l’un des grands chapitres de la lutte pour un internet libre et ouvert, et c’est pourquoi je suis opposé à la fusion entre NBC, Comcast et Universal.
Parce que quand la même entreprise contrôle les contenus et les tuyaux qui nous amène les contenus, nous avons un problème."
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TweetDeck, l’un des clients Twitter les populaires offre une nouvelle version test qui rafraichit votre compte en temps réel. Toutes les colonnes qui s’affichent sur la fenêtre de TweetDeck vous offrent donc le contenu sans que vous deviez faire une mise à jour manuellement.

De plus en plus, ce service Web et client Twitter offre la fonctionnalité de «temps réel». L’intégration de cette notion sur TweetDeck est bien faite, sauf que j’aurais bien aimé avoir accès à un bouton pause comme sur FriendFeed ou Google «Mises à jour».
Lorsque vous suivez des sujets d’actualité via une recherche, vous avez à peine le temps de sélectionner les tweets qui vous intéressent. C’est une déferlante de messages. Vivement un bouton pause sur la version finale
.

Évidemment, vous serez prévenu instantanément si vous avez de nouvelles mentions ou messages privés. Enfin, TweetDeck vous préviendra aussi lorsque que l’un de vos tweets a été ajouté comme favori par un utilisateur. Vous trouverez la version test de TweetDeck ici.
Benoit Descary
Liens:
Twitter en temps réel: http://www.tweetdeck.com/streaming
Source: Blog de TweetDeck
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J'ai pour cette édition l'honneur de faire partie du jury des E-Commerce Awards, qui récompensent les meilleures innovations techniques dans le domaine de l’e-commerce, et j'y suis plutôt en bonne compagnie.
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Google Agenda propose quelques nouveautés intéressantes. La page «détails de l’événement», offre une nouvelle interface, «Rechercher un horaire» vous permet de trouver une plage horaire qui convient à tous et finalement, vous pouvez définir vos heures de travail.

La nouvelle page «détails de l’événement» est plus aérée. Plutôt que d’afficher un fond d’écran vert olive à l’endroit où vous ajoutez la description de votre rendez-vous, l’ensemble de la page s’affiche sur un fond blanc. Un onglet qui se nomme «Rechercher un horaire» a été ajouté.

Cette fonctionnalité vous permet d’apercevoir les disponibilités des personnes avec qui vous partagez votre calendrier. Cette fonctionnalité est en fait la nouvelle version de «Sneak preview» qui avait été retirée il y a quelques mois.

Google Agenda vous propose aussi de définir votre horaire de travail. Vous pouvez par exemple, indiquer que vous travaillez de 8 h à 17 h du lundi au vendredi. Lorsqu’une personne vous fait parvenir une demande de rendez-vous à l’extérieur de vos heures de travail, elle sera prévenue que vous n’êtes pas disponible. Ces nouveautés ne sont pas encore disponibles sur tous les comptes Agenda et Google Apps.
Benoit Descary
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A San Francisco, les gens qui vont au Gym en profitent pour s’informer, écouter de la musique, prendre le pouls de leurs courriels, jouer, regarder la télé, etc. Idem quand ils sont dans une queue, quand ils ont une minute entre deux RV, quand ils s’ennuient à la table familiale rapporte le New York Times . Il dit aussi que:
Équilibré, l’article attribue quand même une lourde responsabilité aux gadgets digitaux et aux apps conçues pour nous aider à meubler les multiples petits trous que nous avons dans la journée.
J’ai plutôt tendance à croire que nous avons peur du vide et du tête à tête avec nous même et j’ai constaté (bien avant de lire cet article) qu’après avoir systématiquement lu dans les transports en commun, je me targue maintenant de ne rien faire et de laisser mon esprit flotter. Je suis même convaincu qu’il est excellent de commencer la journée de travail par un moment de réflexion sans rien devant moi. J’avoue que j’ai du mal.
Et vous?
[Photo Flickr de GreenNetizen ]
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Si le management a été le procédé de gestion de l’innovation le plus important du XXe siècle, le sera-t-il aussi pour le XXIe siècle ?
Le management a été une réponse au défi d’organiser le marché rappelle Alan Muray – auteur du récent Guide du management du Wall Street Journal – dans un stimulant édito du WSJ, mais les meilleurs gestionnaires d’entreprises sont devenus les ennemis du libre marché et de la société constate-t-il. “Les entreprises sont des bureaucraties et les gestionnaires des bureaucrates. Leur tendance fondamentale est à l’autoperpétuation. Ils sont, par définition, résistant au changement.”
La “bonne gestion” n’est-elle pas la pire ?Même les sociétés les mieux gérées ne sont pas protégées de ce conflit destructeur entre le changement et l’inertie, comme le rappelle le livre de Clayton Christensen, le dilemme de l’innovateur, qui montre comment les entreprises leaders ont bien souvent raté les changements qui ont eu lieu dans leur propre secteur industriel, non pas du fait d’une mauvaise gestion, mais parce qu’ils ont suivi les préceptes de “la bonne gestion”. “Ils ont écouté attentivement leurs clients. Ils ont soigneusement étudié les tendances du marché. Ils se sont réparti le capital autour d’innovations qui promettait le plus grand rendement. Et dans le processus, ils ont manqué les innovations perturbatrices qui se sont ouvertes à de nouveaux clients et à des marchés de faible marge, avant de devenir des produits à succès.”

Image : Le management dans une entreprise américaine des années 50 via le musée des bureaux.
L’économiste britannique Ronald Coase a énoncé la logique de base de la gestion d’entreprises dans son livre de 1937 : La nature de l’entreprise, expliquant que les entreprises étaient nécessaires pour réduire les coûts de transaction. Mais depuis, la capacité des êtres humains à se coordonner et à travailler ensemble sur des tâches complexes isolément, depuis des entreprises ou des continents différents, a évolué. Wikipédia ou les logiciels libres peuvent être accomplis en dehors de la structure traditionnelle des entreprises. Don Tapscott et Anthony Williams dans Wikinomics ont prédit l’avènement de la collaboration de masse comme nouvelle forme d’organisation économique. Ils croient que les hiérarchies d’entreprises vont disparaître.
De nouvelles formes de collaboration pour éviter l’inertiePour autant, on a du mal à imaginer un Boeing 787 construit par la collaboration de masse. Pourtant, souligne Alan Muray, “le changement s’accélère. Les coûts de transaction diminuent rapidement. Et par conséquent, tout ce que nous avons appris au cours du siècle dernier sur la gestion des grandes entreprises a besoin d’une grave remise en cause. Nous avons à la fois une nécessité et une opportunité de concevoir une nouvelle forme d’organisation économique, et une nouvelle science de la gestion, qui peuvent faire face aux réalités vertigineuses du XXIe siècle.”
Le consultant Gary Hamel est un ardent défenseur de la nécessité de repenser le management via des laboratoires en ligne, permettant d’élaborer de nouvelles formes de collaboration de masse pour traiter les problèmes actuels du management. “Le nouveau modèle devra être davantage comme le marché, et moins comme les sociétés du passé. Il devra être flexible, agile, capable de s’adapter rapidement aux évolutions du marché, et impitoyable à réaffecter des ressources à de nouvelles opportunités.” Et l’allocation des ressources sera certainement le plus grand défi à venir, prédit Alan Muray. Or, dans les sociétés, les décisions concernant l’allocation des ressources sont prises par des gens qui ont un intérêt dans le statu quo. “La principale raison de l’échec des entreprises, affirme Gary Hamel, est qu’elles surinvestissent dans ce qui est, plutôt que dans ce qui pourrait être”.
C’est le cœur du dilemme de l’innovateur. “Les grandes entreprises étudiées par Clayton Christensen ont échoué, non pas nécessairement parce qu’elles ne voyaient pas les innovations à venir, mais parce qu’elles n’ont pas suffisamment investi dans les innovations. Pour éviter ce problème, les gens qui contrôlent les grands pools de capitaux doivent davantage investir comme des sociétés de capital-risque, et moins comme un ministère des finances de l’entreprise. Ils ont besoin de faire beaucoup de paris.”
Allouer les ressources différemment, faciliter la collaboration, élargir la collecte d’informations“Le problème d’allocation des ressources est ce qu’un Google a essayé de résoudre avec sa politique des 20 % de temps libres. Tous les ingénieurs sont autorisés à dépenser 20% de leur temps de travail sur des projets autres que ceux qui leur sont assignés. La société affirme que ce système a aidé à développer des produits innovants, tels que Google News. Parce que les ingénieurs n’ont pas à demander des fonds, l’approche Google n’a pas la discipline d’un véritable marché, et elle n’a pas encore fait ses preuves comme moyen de générer des profits supplémentaires. Mais elle permet que de nouvelles idées obtiennent rapidement une certaine attention.”

Image : un espace de réunion dans les bureaux de Google à Zurich – d’autres de part le monde.
“En plus de l’allocation des ressources, il y a le défi encore plus grand de créer des structures qui motivent et inspirent les travailleurs. Il y a beaucoup de preuves que la plupart des travailleurs dans les organisations complexes d’aujourd’hui ne sont tout simplement pas engagés dans leur travail.” Or, “le nouveau modèle devra inculquer aux travailleurs la créativité et l’esprit innovant qu’on trouve le plus souvent chez les entrepreneurs. Il faut donner le pouvoir et la prise de décision à l’organisation autant que possible, plutôt que de la laisser concentrée au sommet. Les structures traditionnelles bureaucratiques devraient être remplacées par quelque chose comme des équipes de pairs ad hoc, qui se réunissent pour aborder des projets individuels, avant de se dissoudre”, à la manière de la société de logiciels SAS qui investit massivement dans la recherche et développement et offre des avantages sociaux généreux à ses employés.
La collecte d’informations doit également être plus large, comme l’explique AG Lafley, ancien PDG de Procter & Gamble, qui a montré avec Connect que les idées de réforme de l’entreprise pouvaient venir aussi de l’extérieur de celle-ci. “De nouveaux mécanismes devront être créés pour tirer parti de la “sagesse des foules”. Des boucles de rétroaction devront être construites permettant aux produits et services d’évoluer constamment en réponse à de nouvelles informations. Le Changement, l’innovation et l’adaptabilité doivent désormais être à l’ordre du jour.”
Le dilemme de l’innovateur ne doit pas seulement s’appliquer à la technologie, mais aussi au management. Ce qui est sûr, c’est que “les vieilles méthodes ne vont pas durer beaucoup plus longtemps”, prédit Alan Murray.
coopération, innovation ascendante, open innovation, Participation